Politique

RDC : Christophe Lutundula s’oppose à Marie Ntumba Nzeza, sa prédécesseure aux Affaires étrangères

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Mis à jour le 16 juillet 2021 à 17:58

Christophe Lutundula, à Bruxelles en avril 2017. © NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP

La « task force » créée par Marie Ntumba Nzeza pour accompagner le mandat de Félix Tshisekedi à la tête de l’Union africaine est remise en cause par le chef de la diplomatie.

Mise en place le 10 décembre 2020 pour préparer la présidence de Félix Tshisekedi à la tête de l’Union africaine (UA), la task force du ministère des Affaires étrangères est au cœur d’un discret bras de fer entre Christophe Lutundula Apala, en poste depuis avril dernier et sa prédécesseure, Marie Ntumba Nzeza.

Une correspondance a été adressée par le chef de la diplomatie au Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, pour questionner l’utilité de cette structure sont à l’origine des tensions.

Une task force superflue ?

Dans une première missive, Christophe Lutundula Apala a ouvertement demandé la suspension et la restructuration des activités de cette task force. Pour motiver sa requête, le ministre évoque notamment le manque d’efficacité de cette structure créée par Marie Ntumba Nzeza. Selon lui, aucun « rapport sur la pertinence et la réalité des prestations de la task force » ne lui a été transmis depuis sa prise de fonction, en avril dernier.

Au contraire, ajoute-t-il, « dans le seul document qui [lui] a été présenté, il n’est rappelé que le problème des rémunérations et des salaires des membres ». Il poursuit en soutenant que, depuis l’entrée en fonction du gouvernement de l’Union sacrée, « aucune prestation de cette structure ne m’a été rapportée ».

Le ministre conclut en assurant que les missions assignées à cette task force peuvent être accomplies par son propre cabinet ministériel. Dans sa configuration actuelle, jugée pléthorique – vingt-deux membres au total et deux consultants –, elle constitue selon lui une charge superflue pour les Affaires étrangères. Il a donc décidé de la remplacer par une cellule d’appui à sa propre fonction de président du Conseil exécutif de l’UA, supervisée par un coordonnateur assisté de deux ou trois chargés d’études.

« Inutilement insultant »

Le 13 juillet, Marie Ntumba Nzeza a réagi. Dans un courrier qu’elle a également adressé au Premier ministre, l’ancienne cheffe de la diplomatie a dit être « profondément surprise de lire ces propos qui ne reflètent pas la réalité et encore moins la vérité. »

« Contrairement à ces allégations, le condensé du rapport d’activités de la task force a figuré parmi les annexes des dossiers prioritaires, qui ont été signés conjointement avec mon successeur le jour de la remise et reprise le 27 avril », poursuit-elle.

Pour l’ex-ministre, il apparaît « inutilement insultant [d’en] qualifier les membres, dont la plupart sont des hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et des cadres de la diplomatie congolaise, d’improductifs, d’inefficaces et de pléthoriques ». D’autant qu’ils accumulent, rappelle-t-elle, « sept mois de non-paiement depuis la création de la structure. »