Justice

Cameroun – Scandale de la « sextape » : Martin Camus Mimb placé en garde à vue

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Martin Camus Mimb en février 2021.

Martin Camus Mimb en février 2021. © Creative Commons / Wikimedia / Score Beethoven

Le journaliste sportif a été arrêté à Douala dans le cadre de l’enquête sur la diffusion d’une sextape qui a défrayé la chronique ces dernières semaines, au point de lancer un début de « MeToo camerounais ».

Le journaliste au coeur du scandale qui agite le Cameroun depuis plusieurs semaines a été arrêté le 14 juillet en compagnie de l’un de ses proches, Wilfried Eteki. Cette arrestation « est le signe que l’on est sur le bon chemin », s’est félicité Me Olivier Moteng, l’un des membres de l’Universal Lawyers and Human Rights Defence, le collectif d’avocats qui défend les intérêts de la jeune femme apparaissant dans la vidéo à l’origine de l’affaire. « Nous souhaitons simplement que la justice fasse son travail jusqu’au bout. Nous voulons la vérité sans rancune et sans rancœur », a-t-il ajouté.

Proxénétisme et cybercriminalité

La comparution des deux hommes devant les juges du tribunal de première instance de Douala-Bonanjo est prévue pour le 22 juillet. Ils répondront des faits de proxénétisme, publications obscènes, diffamation et cybercriminalité. « Nous entendons faire valoir nos arguments et moyens de défense devant le tribunal », a indiqué à l’AFP Me Henri Kouokam, l’un des avocats de Martin Camus Mimb.

Dernier épisode en date d’une procédure amorcée le 23 juin par les avocats de la victime présumée, cette arrestation fait suite au refus de Mimb de se présenter à la confrontation organisée le 12 juillet par les policiers, qui souhaitaient recueillir les témoignages du patron de Radio Sport Info et de la jeune femme apparaissant sur la vidéo. Depuis le début de l’affaire, Martin Camus Mimb nie farouchement être impliqué. Il réfute également avoir eu une relation charnelle avec la jeune femme et assure ne pas être à l’origine de la diffusion de la vidéo, le 16 juin dernier, sans le consentement de cette dernière.

Indignation collective

Le journaliste affirme que la plaignante « est venue dans [son] bureau avec son copain dans le but de se faire dédicacer [son] livre ». Un « couple d’inconnus [qui] s’est dit disposé à débattre de multiples projets » avec lui. « J’ai naïvement proposé qu’ils m’attendent dans mon bureau sans me douter de quoi que ce soit. Je découvre ahuri qu’ils ont transformé mon espace de travail en lieu de débauche », s’est-il défendu. Une ligne de défense qu’il a maintenu, y compris après avoir publiquement demandé pardon à la jeune femme ainsi qu’à sa famille lors d’un point presse, le 25 juin. 

Ses excuses n’auront convaincu ni les enquêteurs ni l’opinion publique. L’affaire a en effet provoqué une vague d’indignation au Cameroun, au point de relancer le débat sur les agressions sexuelles dont les femmes sont victimes. À la suite de cette affaire, de nombreux témoignages se sont succédé pour dénoncer les agissements de Mimb, mais aussi un climat global.

Le chanteur Richard Bona a ainsi dénoncé la « pornocratie » ambiante. La musicienne Charlotte Dipanda a appelé les internautes à se mobiliser afin de signaler les clichés et la vidéo de la jeune fille, afin qu’ils soient supprimés des réseaux sociaux. Poussé par cet élan, le gouvernement camerounais s’est lui aussi joint à l’indignation, par la voix de Marie Thérèse Abena Ondoa, la ministre de la Promotion de la femme et de la famille, qui a évoqué un « un acte odieux » et appelé à ce qu’une « lutte sans merci soit menée contre les auteurs ». 

Me Dominique Fousse, l’avocate qui mène le collectif de défense de la jeune femme, a même évoqué l’existence d’un véritable système impliquant d’autres hautes personnalités. « L’affaire a été bloquée par des personnes biens placées. Il y a entre autres des menaces à l’endroit des membres du collectif de défense, notamment moi, qui ai reçu des menaces d’individus divers, dont le but était de m’empêcher de travailler », a-t-elle notamment assuré dans le quotidien Le Jour. Martin Camus Mimb risque deux ans de prison et une amende de 5 millions de francs CFA .

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