Politique

RDC : pourquoi les Jeux de la francophonie risquent d’être (encore) reportés 

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Mis à jour le 15 juillet 2021 à 14:53

Félix Tshisekedi, en octobre 2019. © Tchandrou Nitanga/AFP

L’organisation de cet événement à Kinshasa, reprogrammé du 19 au 28 août 2022 en raison de l’épidémie de Covid-19, fait face à plusieurs obstacles. 

Alors que plus de 4000 athlètes et artistes, ainsi que les délégations de 88 États, sont attendus du 19 au 28 août 2022 dans la capitale congolaise, les travaux de réhabilitation des sites devant les accueillir – les stades Tata Raphaël, Cardinal-Malula (ex-24 novembre) et Martyrs de la Pentecôte, l’échangeur de Limete, la Foire internationale de Kinshasa (FIKIN) – ont été lancés le 9 avril dernier. Tous ces chantiers doivent être livrés en avril 2022… mais ils accusent déjà du retard.

« Les salaires ne sont pas payés »

Selon nos informations, les organisateurs jugent qu’une enveloppe conséquente de près de 250 millions de dollars américains est nécessaire pour réaliser ces travaux, et arguent que les équipes doivent travailler davantage pour tenir les délais. L’un d’eux avance par ailleurs que, à ce stade, « les salaires ne sont pas payés, ni les frais de fonctionnement ».

Après un premier report dû à l’épidémie de Covid-19, les organisateurs avaient consentis à revoir légèrement leurs ambitions financières à la baisse. Mais à ce jour, les fonds mis à disposition à la fois par les autorités et par les partenaires ne sont toujours pas jugés suffisants par ces derniers. Et ce, malgré le ferme engagement de Félix Tshisekedi à tenir les délais.

Lors de la 115e session du conseil permanent de la Francophonie, qui a réuni les 6 et 7 juillet en visioconférence les représentants des 88 États membres, Isabelle Tshombe, la représentante personnelle de Félix Tshisekedi, a réaffirmé cette volonté.

Le 29 juin, le président congolais avait d’ailleurs envoyé au siège de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), à Paris, Didier Mazenga, le ministre de l’Intégration régionale et de la Francophonie. Objectif : rassurer la secrétaire générale, Louise Mushikiwabo, sur l’organisation de ces Jeux.

Vers une annulation ?

Autre problème : la personnalité de Didier Mbuyi Tshiyoyo, le Haut représentant du président au comité national des Jeux, ne rassure pas. Il est en effet contesté, y compris par certains ministres eux-mêmes impliqués dans l’organisation. « Il est proche de la famille du chef de l’État, donc c’est à Félix Tshisekedi de trancher sur son sort », confie une source dans l’entourage présidentiel.

Une dernière réunion est, pour le moment, programmée à la fin de l’année pour trancher sur le maintien, ou non, de l’organisation des Jeux à Kinshasa.