Économie

Sénégal : le chantier du port de Ndayane dans les starting-blocks

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Mis à jour le 20 août 2021 à 15:38

Zone de stockage, chargement et distribution de conteneurs au Port autonome de Dakar.

Macky Sall insiste pour que les délais soient tenus : le nouveau terminal à conteneurs construit par DP World, qui va décongestionner le port de Dakar, doit être opérationnel d’ici quatre ou cinq ans.

Encerclé par la capitale sénégalaise, au bout de la presqu’île du Cap-Vert, le Port autonome de Dakar­ (PAD) sera encore à l’étroit pour quelque temps. Mais d’ici à quatre ou cinq ans, il devrait voir toute une partie de son activité transférée vers le futur port en eaux profondes de Ndayane, qui sera situé à 70 km au sud de la capitale, sur la Petite-Côte.

Fin 2020, l’État a signé un accord avec l’émirati DP World (dont la filiale sénégalaise est concessionnaire depuis 2008 du terminal à conteneurs du PAD) pour la construction d’un nouveau port à conteneurs, à Ndayane, capable d’accueillir les plus grands navires de commerce. Le coût du projet est évalué à 837 millions de dollars, financés par le groupe émirati. Le nouveau port sera adossé à une zone économique spéciale de 300 hectares.

Projet capital pour le Sénégal et le Mali

Deux phases d’extension sont déjà prévues. Au terme des aménagements, l’emprise foncière de Ndayane devrait atteindre 1 200 hectares, soit plus de trois fois celle de Dakar. Malgré les protestations des pêcheurs et des défenseurs de l’environnement, les premiers travaux d’aménagement doivent débuter avant la fin de 2021. Lors du conseil des ministres du 23 juin, le président Macky Sall a demandé à son gouvernement de veiller au respect des délais.

Congestionné depuis des années, le PAD, poumon économique de la ville et du pays, est le point de passage de 90 % des échanges commerciaux du Sénégal. Il est également un centre névralgique pour l’économie du Mali. En attendant que leurs conteneurs soient déchargés à Ndayane, les importateurs bamakois misent sur la modernisation du môle Hamassiré-Ndour (ex-môle 3) du port de Dakar, grâce au soutien de la coopération japonaise. Ces travaux, qui doivent s’achever en 2022, permettront de porter la capacité de traitement du PAD à 1,2 million de tonnes de marchandises par an, contre environ 800 000 t auparavant.