Culture

Djibril Cissé sur le terrain de l’afro-house

Mis à jour le 15 juillet 2021 à 09:45

Djibril Cissé en plein mix, le 12 décembre 2019, à Paris. © Foc Kan/WireImage/Gettyimages

L’ancien footballeur professionnel français d’origine ivoirienne et guinéenne a troqué ses crampons contre des platines. Il s’est produit à la Sunday, l’un des événements musicaux les plus branchés d’Abidjan.

L’ex-attaquant de l’équipe de France n’avait pas remis les pieds dans le pays de son père, Mangué Cissé, ex-international ivoirien, depuis plus de dix ans. Quand, en 2009, il était venu enterrer celui qui défendit les couleurs des Éléphants au cours des années 1960-1970. « Je retrouve mes terres d’origine dans un climat plus facile aujourd’hui, dans le cadre d’un événement festif. Il était temps que je retourne au pays », admet Djibril Cissé.

Soirées électro

Chemisette colorée à motifs, bermuda assorti, tatouages apparents sur les bras, cheveux étonnamment bruns… Celui qui a longtemps fait de ses expériences capillaires une signature a désormais des allures de Virgil Abloh. Comme le designer américano-ghanéen, Djibril Cissé a lancé sa propre marque de vêtements streetwear, Mr Le Noir, qu’il espère bientôt distribuer en Afrique. Et comme lui encore, il officie désormais aux platines et enflamme les soirées et festivals électro.

 

Pour l’heure, c’est la génération branchée de Babi que ce lanceur de tendances assumé – plus d’un million de fans sur Instagram – est prêt à rencontrer lors de la Sunday, l’un des événements musicaux les plus branchés de la ville. « Je viens à Abidjan pour me présenter au public comme aux artistes locaux avec qui j’envisage, pourquoi pas, de collaborer et de préparer des titres », espère l’ancien footballeur, qui compte déjà l’artiste nigériane Niniola parmi ses collaborations – un featuring repéré par le label Higher Ground de Diplo, l’un des producteurs de musique électro les plus influents de l’industrie.

Afro-house dopée au bailé funk brésilien ou encore à la cumbia, son univers « fusion métissée » s’affranchit du coupé-décalé dominant le paysage musical local. Mais le pari est réussi pour cette première en Afrique de l’Ouest, où Djibril Cissé a fini par s’enjailler parmi la foule, et à faire tomber le maillot comme après une victoire.

« Je baisse rarement les bras »

« J’ai commencé à mixer à 14 ans en découvrant un DJ dans un club près de chez moi, dans le sud de la France », glisse-t-il. Une activité restée toutefois discrète jusqu’en 2015, année où l’ancien sportif professionnel annonce sa retraite. À presque 40 ans aujourd’hui, Djibril Cissé compte bien faire de la musique sa carrière en donnant le coup d’envoi des sets au stade de football de l’Institut national de la jeunesse et des sports d’Abidjan (INSJ).

Il faudrait que les instances nationales ivoiriennes et les clubs aient envie de collaborer avec moi

La boucle est bouclée pour « Tcheba », son nom de scène qui signifie « homme fort » en dioula. Un surnom qu’il doit à sa mère et à sa tante et qu’il a fait graver sur sa peau. « J’ai une grande force de caractère, je baisse rarement les bras, voire jamais. J’ai eu deux grosses blessures qui auraient pu mettre un terme à ma carrière, je connais des joueurs qui auraient arrêté pour moins que ça », avance-t-il.

Si le plan d’action n’est pas encore clairement défini, Djibril Cissé ambitionne aussi de transmettre son expérience footballistique auprès des jeunes pousses locales, comme peuvent déjà le faire certains de ses confrères sportifs de haut niveau issus de la diaspora. « J’aimerais pouvoir redonner au football ce qu’il m’a offert en partageant des conseils sur mon jeu, ma technique », assure ce fan de Jean-Pierre Papin. Avant de nuancer : « Pour cela, il faudrait que les instances nationales ivoiriennes et les clubs aient envie de collaborer avec moi. »