Société

Coronavirus en RDC : quand Félix Tshisekedi met du plomb dans l’aile de la campagne vaccinale

Mis à jour le 5 juillet 2021 à 17:41
Kash

Par Kash

Caricaturiste, bédéiste et peintre congolais installé à Kinshasa.

Kash © Kash

Les propos du président congolais, qui a assumé lors d’un entretien son refus de recourir pour lui-même au vaccin AstraZeneca, a provoqué la polémique, alors que le pays peine à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé.

« J’ai bien fait de ne pas me faire vacciner à l’AstraZeneca. D’ailleurs je n’étais pas convaincu ». Cette petite phrase de Félix Tshisekedi, glissée au détour d’un entretien accordé le 1er juillet à la radio Top Congo FM et à la RTNC, la télévision nationale, n’a pas manqué de provoquer de vives réactions sur les réseaux sociaux.

Dans le viseur du chef de l’État, les doutes quant à l’efficacité du vaccin AstraZeneca, qui ont conduit plusieurs pays, notamment en Europe, à suspendre son utilisation. « A partir du moment où ces pays ont pris les mesures de précaution vis-à-vis d’AstraZeneca, eux qui en connaissent les propriétés et qui l’ont fabriqué, nous aussi a fortiori, nous étions dans l’obligation de suspendre cela », a argué le président congolais.

Devant le tollé provoqué par ces propos, certains reprochant au président congolais d’entretenir la défiance d’une partie de l’opinion publique vis-à-vis des vaccins, la présidence a partiellement rétropédalé dans les jours qui ont suivi, insistant sur le fait que Félix Tshisekedi avait aussi, au cours de la même interview, promis de très bientôt se faire vacciner à son tour, mais avec un autre vaccin.

Le jour même de cette fameuse déclaration présidentielle, le ministre de la Santé, Jean-Jacques Mbungani, tenait un discours aux antipodes. Lors d’une visite dans une clinique de Kinshasa, où il s’est prêté au jeu de l’injection d’une dose d’AstraZeneca, il a rappelé l’objectif que les autorités se sont fixé : « Atteindre 25% de la population congolaise vaccinée pour atteindre l’immunité collective ». Pas sûr, cependant, que sa voix porte autant que celle du président.