Économie

Algérie : entre Chems Eddine Chitour et Chahar Boulakhras, qui aura le contrôle des énergies renouvelables ?

Dans un contexte d’incertitude politique, le ministre des Énergies renouvelables, Chems Eddine Chitour, et le patron de Sonelgaz, Chahar Boulakhras, croisent le fer pour s’imposer comme pilote des futurs projets « verts ».

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Mis à jour le 5 juillet 2021 à 16:17

Chems Eddine Chitour, ministre algérien des Énergies renouvelables, et Chahar Boulakhras, PDG de Sonelgaz. © Montage JA: Benboulaid/Creative Commons; Sonelgaz

La rivalité est feutrée mais bien réelle. Elle met face à face le ministre algérien des Énergies renouvelables (ENR), Chems Eddine Chitour, et le patron de la Société nationale de gaz (Sonelgaz), Chahar Boulakhras. Elle s’est manifestée à plusieurs reprises depuis le début de l’année – notamment via des déclarations aux médias –, après l’affirmation de nouvelles ambitions de l’Algérie dans le domaine de l’énergie renouvelable.

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Le pays, champion pétrolier et gazier mais qui dispose d’un important potentiel éolien et solaire, a annoncé le lancement prochain d’un appel d’offres – au standard international – de 1 gigawatt (GW) de projets énergétiques « verts » (10 x 100 MW). L’objectif est d’attirer les investisseurs étrangers, les producteurs indépendants d’électricité (IPP), pour assurer la conversion au renouvelable du pays. Aujourd’hui, les énergies propres ne comptent que pour 3 % de son mix.

C’est le ministre Chitour, nommé par le président Abdelmadjid Tebboune à la faveur du remaniement de juin 2020, qui a fait l’annonce, se posant en homme clé de la transition énergétique algérienne. Malgré sa formation « fossile » centrée sur la physique et le pétrole, ce professeur de l’École nationale polytechnique d’Alger entend utiliser sa position à la tête d’un portefeuille nouvellement créé et dédié aux énergies renouvelables pour faire aboutir l’appel d’offres au plus vite.

Message à l’administration

« Il y a nécessité de sortir du fossile, a ainsi déclaré le ministre en avril. Et il faut un capitaine, qui est le ministère de la Transition énergétique. Mais toutes les bonnes volontés, celles qui n’ont pas d’arrière-pensées, celles qui veulent que l’Algérie décolle, doivent être derrière le ministère », a-t-il aussitôt ajouté, défendant le rôle politique de premier plan de son portefeuille.