Politique

Turquie-Afrique : les détails de l’arrivée en force d’Ankara à Lomé

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Mis à jour le 1 juillet 2021 à 17:55

Les ministres turc et togolais, à Ankara le 2 juin. © CEM OZDEL / ANADOLU AGENCY / via AFP

Après qu’Ankara a ouvert une ambassade à Lomé le 1er avril, le Togo a effectué deux premières visites d’État en Turquie en juin. De l’armement à l’aérien, voici comment la coopération entre les deux pays se renforce.

Après l’ouverture de la mission diplomatique, confirmée en juillet 2020 par le ministre Turc des affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu au président togolais Faure Essozimna Gnassingbé lors d’une visite officielle à Lomé, deux premières visites d’État ont été organisées. Du 31 mai au 2 juin, le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, s’est rendu à Ankara, suivi du 19 au 24 juin, par son homologue à la Sécurité, Yark Damehane.

Et, du 17 au 20 août, le Togo – représenté par la ministre des Armées, Essozimna Marguerite Gnakadè – participera pour la première fois au Salon international de défense et de sécurité (IDEF) organisé par la Turquie.

Tourner la page Fethullah Gülen

Au cœur du renforcement de la coopération entre les deux pays se trouve d’abord Fethullah Gülen. Ankara a informé Lomé des dangers que représente selon elle le dirigeant du mouvement Fetö, après que ce dernier a été accusé de tentative de coup d’État en 2016 et d’affiliation à des organisations terroristes. Le propriétaire de l’École internationale Zodiaque doit fermer les portes de son établissement, sur demande des autorités togolaises, à la fin de cette année scolaire 2020-2021.

En retour, Lomé a signé un accord d’établissement à la fondation officielle Maarif, qui ouvrira à la rentrée prochaine 2021-2022 une école turque, accueillant les enfants de la maternelle au lycée et délivrant un baccalauréat français.

Armes et liaison aérienne

Ankara a aussi mis sur la table, comme souvent, son industrie de défense, en incitant le Togo à l’achat d’armes et d’équipements militaires. Lors de son récent déplacement, le ministre Yark Damehane a ainsi visité les bases militaires et de gendarmerie turques. Il a évoqué une coopération plus poussée concernant des offres de formation et de stage pour des éléments des forces de défense et de sécurité togolaises.

Les deux pays ont par ailleurs signé plusieurs accords et mémorandums visant la mise en place d’un mécanisme de consultations politiques et l’exemption réciproque de visas pour les détenteurs de passeport. Ils vont aussi accélérer le processus de démarrage d’une liaison aérienne entre Lomé et Ankara par Turkish Airlines, qui dessert déjà Cotonou et Abidjan. La Turquie s’est aussi engagée à apporter un soutien matériel, logistique et technique au Togo dans le cadre de la lutte contre le trafic des stupéfiants, le terrorisme et l’extrémisme violent.

Esra Demir, la première ambassadrice nommée au Togo travaille déjà sur l’organisation de visites présidentielles – elle fut également en poste à Dakar et à Abidjan.