Politique

Algérie : 5 choses à savoir sur Aymen Benabderrahmane, le nouveau Premier ministre

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Par - à Alger
Mis à jour le 1 juillet 2021 à 17:51

Le nouveau Premier ministre algérien Aymen Benabderrahmane © RYAD KRAMDI/AFP

Le successeur d’Abdelaziz Djerad est largement méconnu du grand public. Il devra s’atteler à redresser une situation économique très préoccupante.

Même si son nom était cité parmi les favoris pour succéder à Abdelaziz Djerad, le nouveau Premier ministre est assez méconnu du grand public algérien. Si Aymen Benabderrahmane était ministre des Finances depuis juin 2020, nommé à la faveur d’un remaniement partiel de l’exécutif, on ne lui trouve aucune biographie sur les sites des institutions officielles. Il n’a pas été particulièrement prolixe dans les médias et ne semble pas goûter les polémiques. Voici cinq choses à savoir sur le nouveau chef du gouvernement.

• Un parcours de technocrate

Aymen Benabderrahmane est un ancien inspecteur des Finances et ex-directeur adjoint du contrôle au sein de l’inspection générale des Finances. En 2010, il a été nommé à la Banque d’Algérie, dont il prendra la tête neuf ans plus tard. Il a également été délégué de l’Algérie auprès du Fonds monétaire international (FMI) entre 2004 et 2006.

• Priorité à l’économie 

Le choix porté sur l’ancien ministre des Finances n’est pas fortuit. En raison de l’étendue de la crise sociale et financière, conséquence en particulier de la pandémie de Covid-19, l’action du nouveau Premier ministre devrait avoir un fort accent économique. Aymen Benabderrahmane devra procéder à des arbitrages financiers et trouver des voies alternatives au Fonds de régulation des recettes pour financer l’économie nationale, réduire la dépense publique et réformer la gestion budgétaire. En sus d’appliquer les 54 engagements du programme de campagne du président Tebboune.

« Vous êtes qualifiés pour les tâches à venir car ce qui vous attend est lié aux affaires économiques et sociales et donc financières », lui a rappelé le président de la République au moment de sa nomination, tout en lui souhaitant de « réussir comme vous avez réussi au poste de ministre des Finances ». Une allusion énigmatique, dans la mesure où le pays est plongé dans une crise de liquidités avec un dinar fortement déprécié…

• Deux concurrents de poids

Avant sa nomination officielle, plusieurs noms ont circulé comme potentiels candidats au poste de Premier ministre. Le premier est celui de Sabri Boukadoum, actuel chef de la diplomatie, qui a été nommé par intérim à ce poste le 19 décembre 2019, avant la désignation de Abdelaziz Djerad.

L’autre nom qui est revenu avec insistance dans le microcosme médiatico-politique est celui de Abdelaziz Rahabi, ancien ambassadeur d’Algérie au Mexique et en Espagne et ex-ministre de la Communication, qui a été limogé par Bouteflika en juin 1999.

Il plaide pour l’ouverture des banques publiques aux capitaux privés

• Un défenseur de la réforme fiscale

Son credo : cibler ceux qui contournent, par divers moyens, l’imposition. Lorsqu’il était ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane a ainsi œuvré au renforcement des capacités de recouvrement fiscal en militant notamment pour un « recensement annuel de la population fiscale ». Pour lui, la consolidation du dinar se réalisera grâce à la réforme fiscale et bancaire ainsi que celle du système douanier.

Le nouveau Premier ministre plaide, en outre, pour l’ouverture des banques publiques aux capitaux privés comme une partie de la solution pour réduire le déficit du Trésor public.

• Un débutant en politique 

Sans affiliation partisane connue, ce diplômé de l’École nationale des finances publiques de Clermont-Ferrand (France) devra faire preuve de beaucoup d’ingéniosité pour faire du neuf avec du vieux. Son défi : composer son équipe en puisant dans l’ancienne majorité parlementaire proche du régime du président déchu Bouteflika. En l’occurrence, le FLN et le RND, auxquels s’ajoute la nouvelle vague d’indépendants qui ont rallié le programme de Tebboune.

Le tout sans susciter une trop large désapprobation populaire. Il aura probablement à convaincre ces partis politiques de renoncer aux postes de souveraineté dont le chef de l’État se réserve, selon nos sources, le choix de la répartition, en dehors de ce cercle partisan.