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Cet article est issu du dossier «Sénégal : Dakar, la grande métamorphose»

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Musique

Musique : ElectrAfrique, le collectif qui électrise les nuits dakaroises

| Par - Envoyée spéciale
Mis à jour le 12 août 2021 à 07h47
Lors d’une soirée organisée par le collectif musical ÉlectrAfrique

Lors d'une soirée organisée par le collectif musical ÉlectrAfrique © J.B. JOIRE

Alliance de DJ et de producteurs, le collectif ElectrAfrique organise des soirées qui rassemblent de plus en plus de musiciens, locaux et africains, et fédèrent un public de plus en plus large. Leur objectif : que la capitale sénégalaise devienne un spot incontournable pour l’électro sur le continent.

Les noceurs le savent : que l’on aime se déhancher sur du coupé-décalé, se casser les reins en dansant le mbalax ou écouter des morceaux de hip-hop old-school, il y a aura toujours un lieu dans Dakar où trouver son bonheur. Depuis quelques années, c’est aussi le cas pour les amateurs de musique électronique. Un genre encore marginal, mais qui trouve peu à peu son public et ses boîtes de nuit dans la capitale sénégalaise, où ElectrAfrique rêve de devenir un « pionnier » de ce que le continent fait de meilleur en la matière.

Le collectif musical a établi son quartier général dans un lieu chargé de symbole : la maison de la culture Douta-Seck, située en plein cœur de la Medina, quartier historique et populaire de la capitale. Il a progressivement investi d’autres espaces pour organiser ses soirées et envisage de se « délocaliser » en banlieue, à Pikine ou à Guédiawaye. 

Collaborations intercontinentales

Pour favoriser l’accès « inclusif » aux évènements, les organisateurs ont mis sur place une politique d’entrée assurant la gratuité avant minuit. Et à chacune de ces soirées, ils tentent de multiplier les collaborations avec les grands noms de la musique électro du continent (comme l’Angolais DJ Satelite, le Centrafricain Boddhi Satva ou le Bissau-guinéen Buruntuma) et les partenariats avec des artistes sénégalais. Ainsi, des musiciens, des troupes de danseurs ou des Circassiens locaux sont régulièrement invités à participer à l’aventure ElectrAfrique, avec la volonté de mêler aux sonorités électroniques des influences de musique traditionnelle.

Avant minuit, c’est gratuit

« Pour nous, la musique, c’est d’abord un instrument qui rassemble. C’était important d’organiser des soirées avec le plus de diversité possible. L’idée n’est pas de faire de la Music Tech minimale comme à Berlin. On ne joue pas des sons qui tabassent ! » explique Cortega. D’origine suisse, il est le DJ résident de ce collectif, qu’il a cofondé en 2010.

Les membres d’ElectrAfrique se basent principalement sur l’organisation de soirées pour faire connaître les musiques électroniques produites en Afrique. « Quand on voit l’attrait et la curiosité que suscitent nos soirées, on se dit qu’il existe un intérêt réel pour une musique différente », veut croire Fati Moussa Mahamane, cheffe opératrice du collectif.

« Do it yourself »

« Le marché de l’électro explose au niveau mondial. Il a beaucoup de consommateurs, mais on manque cruellement de contenu made in Africa, explique Cortega. Résultat, la demande finit par consommer l’offre qui est produite ailleurs. Aujourd’hui, notre plus gros défi est aussi notre principale opportunité : pouvoir contribuer à la production de ce type de musique localement. »

Et pour donner un coup de pouce à la production locale, Cortega lance une formation de jeunes DJ, soutenue par le Goethe-Institut Senegal de Dakar, en collaboration avec le studio Deedoo du rappeur et producteur sénégalais Nix. « Ce type de musique se prête très facilement au “do it yourself”, assure-t-il. Aujourd’hui, c’est le moment clé pour voir émerger de nouveaux talents. »

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