Agroalimentaire

RDC : Kinshasa en lutte contre la « vie chère »

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Mis à jour le 08 juillet 2021 à 09h43
Cheetah 2, situé dans le quartier animé de Beau Marché, l’un des lieux populaires où manger de la chèvre grillée, boire un verre et danser à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, le  27 septembre 2014.

Cheetah 2, situé dans le quartier animé de Beau Marché, l'un des lieux populaires où manger de la chèvre grillée, boire un verre et danser à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, le 27 septembre 2014. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

De nouvelles mesures annoncées à la fin juin visent à baisser les prix de biens importés (viande, poisson…) et des liaisons aériennes. Suffiront-elles ?

Réuni en conseil des ministres le 25 juin, le gouvernement du président Félix Tshisékédi a annoncé une batterie de mesures pour réduire les prix des produits alimentaires et – plus largement – le coût de la vie dans un pays où, selon les agences de l’ONU, une personne sur trois est touchée par l’insécurité alimentaire.

Le conseil présidé par le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a relevé l’impact d’une trentaine « d’éléments irréguliers », pointant notamment des barrières routières irrégulières et une application parfois approximative de la réglementation nationale frontalière. À cela s’ajoutent les frais de transport, d’acheminement, de douane et de TVA, augmentant drastiquement le prix des produits alimentaires.

La RDC est un grand importateur de produits surgelés. Selon l’Observatoire de la complexité économique, le pays a importé en 2019 au moins 311 millions d’euros de produits d’origine animale et 455 millions d’euros de denrées alimentaires (hors produits d’origine animale).

La RDC importe notamment « du tilapia séché » et du dagaa (sardines) en vrac du lac Victoria, ainsi que du chinchard de Namibie selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Pour l’instance onusienne, le marché du poisson représente entre 70 et 80 millions de dollars d’échanges entre la RDC et les pays de la région.

À noter par ailleurs que le ministre de l’Économie Nationale Jean-Marie Kalumba Yuma a récemment rencontré le ministre namibien de la pêche et de l’élevage afin de négocier un accord commercial sur le chinchard. Selon les derniers chiffres de la FAO, la Namibie a exporté près de 200 000 tonnes de chinchard congelé vers les marchés régionaux, dont environ 70% sont exportés en RDC.

Baisse drastique des prix

Les autorités entendent également faire baisser le prix des billets d’avion et des biens alimentaires, après concertation avec les opérateurs aériens et les entreprises étrangères, dont le belge Pluvera, spécialisé dans l’abattage et la découpe de volaille.

Selon les prévisions du gouvernement, le prix du poulet entier devrait par exemple passer à Kinshasa de 23,5 à 8,4 euros (-64%).

D’après les projections officielles, les prix du transport aérien devrait diminuer entre -45% et -70%. Pour ce faire, le gouvernement a annoncé diviser par deux la TVA sur le transport aérien (la faisant passer de 16% à 8%) et par sept la taxe sur l’autorisation d’importation des aéronefs.

Les autorités ont enfin insisté sur l’importance de la « rationalisation des prélèvements parafiscaux », ces derniers représentant plus de la moitié des prix des billets d’avion.

Les opérateurs aériens et le gouvernement se sont entendus – affirment les autorités de Kinshasa – sur une diminution « des droits de douane à l’importation des pièces de rechange », diminution primordiale pour renouveler les pneus et les freins, rapidement usés en raison de la « non-conformité des pistes d’atterrissage ».

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