Tourisme

Tunisie, Maurice, Maroc… Pour le tourisme africain, le manque à gagner pourrait atteindre 250 milliards de dollars en 2021

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Mis à jour le 30 juin 2021 à 19h17
Quelque 80 % des hôteliers tunisiens estiment avoir perdu 50 % de leur chiffre d’affaires en 2020. El Jem, en Tunisie, le 20 mai 2021.

Quelque 80 % des hôteliers tunisiens estiment avoir perdu 50 % de leur chiffre d’affaires en 2020. El Jem, en Tunisie, le 20 mai 2021. © Angus McDowall/REUTERS

Estimant les pertes dans le secteur à plusieurs centaines de milliards de dollars, un rapport de l’Organisation des Nations unies table sur un retour à la normale en 2023.

L’heure n’est pas encore à la reprise pour le tourisme en Afrique. C’est la conclusion d’un rapport publié le 30 juin par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced)*. S’appuyant sur les statistiques de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), elle a évalué les dégâts passés et à venir, provoqués par la pandémie de Covid-19.

Bilan : en 2021, le recul des arrivées de touristes internationaux va engendrer un manque à gagner pour le continent chiffré entre 170 et 253 milliards de dollars, selon les scénarios.

Sans surprise, la région la plus touchée sera l’Afrique du Nord avec un recul de 78 % des dépenses des visiteurs, synonyme d’une chute du produit intérieur brut (PIB) de 7,5 % selon le scénario pessimiste, et de 5 % d’après le scénario optimiste. Mais le reste du continent ne fera guère mieux avec un recul des dépenses de 69 %.

L’arrêt du tourisme en 2020 a privé la Tunisie et le Maroc de 79 % de ses visiteurs internationaux

Au niveau des professionnels du secteur, l’impact est tout aussi rude. C’est encore en Afrique du Nord que les moins qualifiés d’entre eux seront les plus touchés, avec une contraction des effectifs de -10,44 %. Pour les professionnels les plus qualifiés, le recul le plus fort, soit -11,82 %, interviendra en Afrique de l’Est.

L’an dernier, la Cnuced estime que l’arrêt quasi-total du tourisme a privé la Tunisie et le Maroc de 79 % de ses visiteurs internationaux. Les autres pays dépendants du secteur accusent aussi le coup : la chute a été de 78 % pour l’île Maurice, de 72 % pour le Kenya, 70 % pour l’Afrique du Sud, 69 % pour l’Égypte et l’Éthiopie, 55 % pour le Ghana et 43 % pour Madagascar.

Vaccination, formation et réflexion stratégique

Les auteurs du rapport, qui espèrent un retour à la normale en 2023, formulent trois conseils aux dirigeants des États pour enclencher la reprise. En premier lieu, ils mettent l’accent sur la nécessité d’accélérer la vaccination afin de surmonter les craintes de contamination des visiteurs étrangers.

Ensuite, ils plaident pour un soutien aussi important que possible aux salariés du secteur, incluant le développement de formation. Enfin, ils appellent à mener une réflexion stratégique, soulignant que le tourisme africain ne sortira pas indemne de la pandémie.

Les voyageurs âgés des pays industrialisés, qui contribuent majoritairement à la croissance des visites et des recettes, risquent en effet de se limiter encore pendant un moment à un tourisme domestique quand la poussée globale de la préoccupation écologique pourrait pénaliser durablement les vols longs courriers, notamment à destination du continent. Plus que jamais, le secteur africain a intérêt à diversifier sa clientèle et donc ses produits tout en pariant sur l’essor du tourisme domestique.

*« Covid-19 and Tourism – an update assessing the economic consequences », Cnuced, 30 juin 2021.

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