Économie

Pour Akinwumi Adesina, la BAD est la redistributrice idéale des DTS en Afrique

Mis à jour le 2 juillet 2021 à 17:55

Akinwumi Adesin, président de la Banque africaine de développement, lors de la cérémonie d’ouverture des Assemblées annuelles du Groupe de la BAD, le 23 juin 2021. © AFDB/FLICKR/Licence CC

La banque panafricaine s’estime bien placée pour redistribuer les « droits de tirages spéciaux » (DTS), les nouvelles ressources monétaires du FMI dont les pays africains espèrent recevoir 100 milliards de dollars.

« Les DTS devraient être émis à une banque comme la BAD. Nous sommes recommandés pour les recevoir et ensuite procéder à un octroi aux [autres] banques africaines », a déclaré le président de la Banque africaine de développement Akinwumi Adesina lors de la conférence de presse clôturant la 56e assemblée annuelle de l’institution – qui s’est tenue intégralement de façon virtuelle.

Sur les 650 milliards de droits de tirages spéciaux (DTS) évoqués par le FMI, l’Afrique devrait – selon le système de quote-part – en recevoir 33 milliards. Lors du sommet de Paris sur les économies africaines, le président français et les dirigeants africains ont demandé la réallocation de 100 milliards de DTS des pays industrialisés vers les pays africains.

Permettre de fournir des devises aux pays qui en ont besoin sans créer de dette supplémentaire

Pour rappel, les DTS sont des actifs de réserve internationaux crées en 1969 par le Fonds monétaire international (FMI). Concrètement, ils permettent de fournir des devises aux pays qui en ont besoin sans créer de dette supplémentaire.

Pour accéder aux DTS, les récipiendaires doivent pouvoir justifier de leur utilisation vers des projets spécifiques, pour accompagner la relance post-Covid-19 ou investir dans la croissance verte.

Justement, la BAD estime avoir une expertise reconnue dans le « fléchage » des financements vers des projets spécifiques. « Les DTS devraient être utilisés pour orienter les financements vers l’Afrique […] afin de soutenir une reprise verte, résiliente au climat et inclusive », a déclaré le président de la Banque africaine de développement (BAD).

Objectif croissance verte

Depuis 2013, la BAD émet des obligations vertes dans le cadre de l’objectif « croissance verte », inscrit dans la stratégie 2013-2022 de l’institution.

En outre, la Banque panafricaine a émis en 2019 une obligation verte de 1,5 milliard d’euros sur le marché norvégien pour une durée de cinq ans, permettant d’investir dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, les transports propres etc.

Lors de l’assemblée annuelle, plusieurs personnalités engagées en faveur du climat étaient présentes. Parmi elles, Ban Ki-moon, l’ancien secrétaire général de l’ONU et président de l’Institut mondial pour la croissance verte ; Yannick Glemarec, directeur exécutif du Fonds pour le climat vert ; Lee White, ministre de l’Eau et des Forêts du Gabon ou encore Alok Sharma, président de la COP26 (prévue à Glasgow en novembre 2021).

Une grande partie des échanges durant cette assemblée annuelle a eu lieu de façon virtuelle, même si plusieurs partenaires de l’institution panafricaine ont fait le déplacement au siège, à Abidjan.
AFDB/FLICKR/Licence CC

« Réelle opportunité pour le continent »

Touchés de plein fouet par la pandémie mondiale, les DTS sont une ressource précieuse pour les pays du continent. « Les DTS nous offrent une réelle opportunité de faire face de manière plus décisive, aux défis de la dette de l’Afrique », explique Akinwumi Adesina.

Le PIB africain devrait augmenter de + 3,4 % en 2021

En effet, le PIB du continent africain a baissé de – 2,1 % en 2020 soit « la pire performance économique en un demi-siècle », selon la banque panafricaine. Mais selon les prévisions, le PIB africain devrait augmenter de + 3,4 % en 2021. Le ratio dette publique/PIB a, quant à lui, augmenté de 10 à 15 % passant de 60 % en 2019 à 75 % en 2020.

L’année écoulée a été également difficile pour la BAD. Si le nombre de financements décaissés a augmenté entre 2019 et 2020, passant d’environ 4,6 milliards d’euros à 6,2 milliards (+ 35 %), le nombre de prêts signés a, quant à lui, diminué de – 43 %, passant de 9 milliards d’euros en 2019 à 5 milliards d’euros en 2020.