Politique

Côte d’Ivoire : comment Laurent Gbagbo est redevenu catholique

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Laurent Gbagbo, le 20 juin, à la Cathédrale Saint Paul d’Abidjan.

Laurent Gbagbo, le 20 juin, à la Cathédrale Saint Paul d'Abidjan. © Leo Correa/AP/SIPA

La présence de l’ex-président devant des fidèles réunis à la cathédrale Saint-Paul d’Abidjan le 20 juin ne doit rien au hasard. Explications. 

Le 20 juin, la chorale de la cathédrale Saint-Paul a entonné un chant en bété, la langue de Laurent Gbagbo, qui n’a pas pu s’empêcher de faire quelques pas de danse. Baptisé dans le rite catholique pendant son enfance, l’ancien chef de l’État ivoirien a étudié au Petit séminaire de Gagnoa, son village natal.

Il s’était ensuite converti à l’évangélisme, sous la double influence de feu le pasteur Séverin Kacou de l’Église Foursquare de Côte d’Ivoire et de Moïse Koré, qui officie à l’Église Shekinah Glory Ministries. Son épouse Simone Gbagbo – dont il vient de demander le divorce – est elle-même une fervente évangélique.

Visites discrètes en prison

Durant ses années de détention, Laurent Gbagbo a entretenu des relations étroites avec les dignitaires de l’Église catholique ivoirienne. Le cardinal Jean-Pierre Kutwa, archevêque métropolitain d’Abidjan, est devenu l’un de ses proches. Il lui a d’ailleurs rendu visite en toute discrétion lorsqu’il était incarcéré au pénitencier de Scheveningen. C’est dans sa cellule que l’ancien président est redevenu catholique.

Jean-Pierre Kutwa a d’abord évolué dans l’entourage d’Alassane Ouattara, lorsque ce dernier était encore dans l’opposition. Mais dans la foulée de l’élection présidentielle d’octobre 2020, les deux hommes se sont brouillés : le clergé avait alors pris position contre le troisième mandat de Ouattara et dénoncé l’exclusion de certains leaders des débats politiques.

Messe sans ministres

À son retour en Côte d’Ivoire, Gbagbo a donc choisi la cathédrale Saint-Paul, située dans le quartier du Plateau et réhabilitée grâce à des fonds publics, pour faire sa première sortie publique. Le 20 juin, les membres de l’Union mondiale des organisations féminines catholiques organisaient la messe de clôture de leurs conférences régionales, lancées le 14 juin. Anne Désirée Ouloto, la ministre de la Fonction publique, y représentait la Première dame Dominique Ouattara, marraine de cette édition.

La présence de l’ex-chef d’État a par ailleurs conduit les ministres catholiques du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti présidentiel, à boycotter cette messe.

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