Politique

Côte d’Ivoire : Simone et Laurent Gbagbo, les coulisses d’un divorce annoncé

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Laurent et Simone Gbagbo, à Abidjan, en septembre 2004.

Laurent et Simone Gbagbo, à Abidjan, en septembre 2004. © LUTENS/PANAPRESS/MAXPPP

Rendue publique le 20 juin par un communiqué de Claude Mentenon, l’un des avocats de l’ancien président, la volonté de ce dernier de se séparer de Simone Ehivet est le fruit d’un long processus. En voici les détails.

Selon nos informations, les premières véritables approches de Laurent Gbagbo débutent après son transfèrement à La Haye, bien qu’une séparation ait déjà été évoquée avant l’arrestation du couple, le 11 avril 2011. Après en avoir informé au préalable ses enfants, l’ancien président propose à Simone Ehivet un divorce à l’amiable.

Celle-ci lui répond qu’elle est d’accord, mais qu’elle souhaite attendre la fin de leurs procédures judiciaires respectives. L’ancienne Première dame est alors incarcérée en Côte d’Ivoire, notamment pour infractions contre la sûreté de l’Etat. Laurent Gbagbo relance alors son épouse en douceur dans le courant de l’année 2019.

Le FPI en contrepartie

Acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), il s’est installé à Bruxelles dans l’attente de la fin de la procédure. Simone, elle, a été amnistiée par Alassane Ouattara. Cette fois-ci, c’est par le biais d’un de ses avocats que Gbagbo sollicite une séparation à l’amiable, au risque de devoir lui léguer une partie de leurs biens en commun.

Officiellement ouverte à cette idée, l’ex-Première dame estime toutefois qu’il faut que son mari soit présent sur le sol ivoirien pour qu’une telle procédure puisse être entamée. Alors que ce dernier insiste, Simone Gbagbo demande en contrepartie de prendre la tête du Front populaire ivoirien (FPI). Refus de Laurent, qui ne goûte guère qu’elle lie leur vie privée à celle du parti. « Depuis, les positions étaient figées et l’issue inéluctable tant Laurent Gbagbo était déterminé à acter leur séparation », explique l’un de ses proches.

Délitement progressif

C’est la section des affaires matrimoniales du tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau qui examinera la demande de divorce. Si le duo politique a perduré pendant leurs années au pouvoir, le couple s’était délité, au point que chacun avait ses propres appartements au sein de la résidence présidentielle de Cocody-Ambassades à Abidjan.

Après la chute de Gbagbo en 2011, durant leurs incarcérations respectives puis après leurs libérations, le couple ne s’est quasiment pas parlé directement. Les messages étaient transmis par des émissaires, à savoir leurs jumelles Marie-Laurence et Marie-Patrice, ou par leur gendre Stéphane Kipré. Depuis les années 2000, Laurent Gbagbo a pour compagne Nady Bamba, une ancienne journaliste de la radio Africa numéro 1, avec laquelle il a eu un fils David Al Raïs, né en 2002. Tous deux se sont unis, selon les rites musulmans, en 2001. Gbagbo s’était fait représenter par son ancien directeur de protocole, Allou Eugène.

Dès son retour au pays, Gbagbo a laissé sa résidence de la Riviera-Golf à Simone, qui y vit depuis sa sortie de prison en 2018. Il avait fait sa connaissance au cours de l’année 1973, alors qu’elle était jeune étudiante, par l’intermédiaire du professeur Bernard Zadi Zaourou, qui militait avec lui au sein de la gauche politique.

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