Finance

RDC, Cameroun, Guinée équatoriale… Le roadshow d’Henri-Claude Oyima en Afrique centrale

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Mis à jour le 22 juin 2021 à 20h29
Le Gabonais Henri-Claude Oyima, PDG de BGFI

Le Gabonais Henri-Claude Oyima, PDG de BGFI © BGFI

Club de Malabo, dette intérieure… C’est un agenda très précis qui a conduit le patron de BGFI à parcourir la zone Cemac pour assurer les autorités de son soutien dans les différents plans de relance.

Convaincu que l’Afrique est entrée dans l’ère post-Covid, le PDG du premier groupe bancaire de la zone Cemac boucle une tournée pour assurer les États du soutien de BGFI dans la préparation de leur relance économique.

Au menu, la mise en place d’un nouveau club pour l’apurement de la dette domestique de Guinée équatoriale : le Club de Malabo. Et une série de rencontres de haut-dirigeants, opérateurs économiques de premier plan, ainsi que le tour des équipes des filiales de BGFI dans la région.

Mi-juin, Henri-Claude Oyima s’est en effet rendu dans les capitales administrative et économique équato-guinéennes pour signer, en compagnie de Ismaël Libizangomo – le DG de BGFI Capital -, un mandat d’arrangeur et de conseiller financier auprès des autorités locales.

Reprendre le contrôle sur la dette

Le groupe BGFIBank prend ainsi le leadership sur la restructuration de la dette contractée par Malabo auprès de ses créanciers privés pour un montant qui reste encore à arrêter. Il sera à la tête d’un groupement d’institutions financières, réunies au sein d’un « club », pour régler tout ou partie des arriérés de l’État équato-guinéen.

« Nous l’avons déjà fait au Gabon en 2008, puis au Congo l’an dernier. Il s’agit donc d’un exercice dont nous avons la maîtrise et la parfaite connaissance », indique à JA Henri-Claude Oyima, en référence aux Clubs de Libreville et de Brazzaville, montés pour assister les autorités étranglées par les dettes et desserrer l’étau autour des finances publiques.

En effet, comme la majorité des pays d’Afrique centrale – très dépendants des revenus tirés des hydrocarbures -, la Guinée équatoriale éprouve une forte pression sur ses finances (PIB : – 7,4 % en 2020 selon les données de la BEAC).

Avec les effets de la crise du Covid-19 sur le secteur du pétrole, et la hausse des charges publiques liées à la santé par exemple, Malabo tente de reprendre le contrôle sur son endettement, et en particulier sur sa dette intérieure qui représentait 23 % du PIB à fin 2019.

Rencontrer les « acteurs qui comptent »

Pour évoquer ses sujets, le PDG gabonais accompagné des membres de la direction de son groupe bancaire s’est montré particulièrement actif.

Outre le nouveau ministre des Finances, de l’Économie et de la Planification, Valentin Ela Maye Mba, représentant de l’État lors de la signature du mandat de BGFI Capital, le numéro un de BGFI a également été reçu par le Premier ministre équato-guinéen, Francisco Pascual Obama Asue, ainsi que le secrétaire d’État au Trésor, Milagrosa Obono Angue.

« Nous avons également rencontré d’autres opérateurs économiques en vue de l’étape suivante, car il ne faut pas oublier que BGFI est l’un des principaux banquiers de la place », précise Henri-Claude Oyima. Qui ajoute, sans toutefois dévoiler l’identité de ses interlocuteurs : « nous avons rencontré les acteurs qui comptent dans le pays »…

Sassou Nguesso, Rigobert Andély, Fortunato Ofa Mbo Nchama…

Et c’est la même motivation qui a amené l’équipe du banquier gabonais, avant la Guinée équatoriale, de part et d’autre du fleuve Congo. Au Congo d’abord, où Oyima, Libizangomo et leur délégation ont rencontré Denis Sassou Nguesso pour notamment le « rassurer sur le fonctionnement du Club de Brazzaville » lancé en septembre 2020.

Pour évoquer la thématique de relance, et la manière dont BGFI peut s’inscrire dans la dynamique, la « dream team » gabonaise s’est également entretenue avec Rigobert Roger Andély, le ministre des Finances et du Budget, ainsi que son ministre délégué en charge du Budget, Ludovic Ngatse. Le président de la BDEAC, Fortunato Ofa Mbo Nchama, et le directeur financier de la Société nationale des pétroles du Congo, ont également été rencontrés.

Poursuivant sa route à Kinshasa, où Henri-Claude Oyima a officiellement installé la nouvelle gouvernance de BGFI RDC et échangé avec les équipes sur place, la délégation de Libreville en a profité pour voir le ministre des Finances congolais, Nicolas Kazadi ainsi que le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo.

Vers un « Club de Kinshasa » ?

Quant à savoir si la question d’un futur « Club de Kinshasa » était en gestation, le PDG gabonais du groupe BGFI a préféré botter en touche. « Nous ne sommes pas les spécialistes des clubs mais les spécialistes de la relance économique !» Mais une chose est certaine, BGFI entend bien montrer sa présence en tant que banque leader, partout où son PDG passe en Afrique centrale.

La prochaine et dernière étape du « roadshow » de BGFI doit porter Oyima et ses troupes au Cameroun au mois de juillet prochain.

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