Politique

Mali : pourquoi Moctar Ouane a refusé la visite de Choguel Maïga 

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Choguel Maïga et Moctar Ouane

Choguel Maïga et Moctar Ouane © DAOU B EMMANUEL - PRIMATURE DU MALI - MONTAGE JA

Le nouveau Premier ministre est allé rendre visite à ses prédécesseurs… mais pas à Moctar Ouane. Explications.

Plaçant le début de son mandat sous le signe de « la courtoisie », Choguel Kokalla Maïga a tenu à rendre visite à ses prédécesseurs pour « prendre conseil par rapport à la gestion de la primature et du gouvernement ». En deux jours, il a pu rencontrer plus de cinq d’entre eux.

Il s’est notamment entretenu avec Moussa Mara, Souleymou Boubeye Maïga et Ousmane Issoufi Maïga. Boubou Cissé et Moctar Ouane n’ont, en revanche, pas répondu présents.

« Il a prétexté un empêchement »

Selon nos informations, le protocole de la primature a bel et bien appelé leurs équipes. Mais Boubou Cissé, le dernier Premier ministre d’Ibrahim Boubacar Keïta, se trouvait alors à Paris et a décliné l’invitation.

Rentré à Bamako depuis le 20 juin pour quelques jours – il prévoit de retourner se reposer à Abidjan dans quelques jours -, il n’est pas hostile au principe d’une rencontre avec le chef du gouvernement, mais il faudrait que celui-ci en refasse la demande. « Maintenant que [Choguel Maïga] occupe cette fonction, il réalise combien le dialogue est important, a-t-il confié à l’un de ses proches. Mais il y était opposé il y a un an, lorsqu’il était membre du M5-RFP [Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques]. »

Choguel Maïga n’a pas eu plus de chance avec Moctar Ouane, qui vit toujours en résidence surveillée depuis qu’il a été autorisé à quitter le camp militaire de Kati. Le Premier ministre entendait pourtant débuter sa « tournée » par une visite chez son prédécesseur. Pour faciliter cette rencontre, il avait demandé à Mahamadou Sidoro, le chargé de protocole de la primature, de téléphoner à son ancien patron… sans que celui-ci ne parvienne à le convaincre.

« Moctar Ouane a prétexté un empêchement », nous confie l’un de ses proches, qui explique que l’intéressé ne souhaite qu’une chose : recouvrer sa pleine liberté. « Tant qu’il n’est pas libre, il refuse de servir de faire-valoir devant les caméras, ajoute un autre membre de son entourage. Il ne va pas jouer le jeu de la réconciliation et de l’ouverture alors qu’il est maintenu en résidence surveillée. »

Cordon sécuritaire renforcé

Si le dispositif sécuritaire déployé autour de son domicile bamakois, à la Cité du Niger, a été allégé depuis la nomination de Choguel Maïga, une douzaine d’éléments des forces spéciales et de la garde nationale sont encore présents – officiellement pour « assurer la sécurité ». Cette présence a toutefois de nouveau été renforcé en ce début de semaine après que Moctar Ouane a profité d’une visite de son fils pour partir à bord de son véhicule – ses proches assurent qu’il est sorti pour effectuer quelques courses à proximité de chez lui.

Moctar Ouane est particulièrement indisposé par la présence des forces de sécurité au sein même de sa résidence. Des militaires – en uniforme ou en civil – ont en effet pris possession de deux dépendances habituellement occupées par le personnel de maison, qui a été prié de vider les lieux. « Des gens qu’il ne connaît pas défilent chez lui toute la journée, il n’a aucune prise sur les entrées et les sorties dans sa maison, c’est une intrusion insupportable pour lui », explique l’un de ses proches.

Selon nos sources, ce placement en résidence surveillée de l’ancien président Bah N’Daw et de Moctar Ouane a été au cœur des discussions lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, le 14 juin. Lors de cette session, il a été demandé que la mesure soit levée dans les plus brefs délais.

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