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Jean-Yves Le Drian (c.), son fils Thomas (g.) et l’ex-président malien Ibrahim Boubacar Keïta (d.). © Photomontage : JA

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Jean-Yves Le Drian – Business, famille, patrie

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Enquête – Mali-France : Jean-Yves Le Drian a-t-il fait pression sur IBK ?

« Jean-Yves Le Drian – Business, famille, patrie » (2/2). En 2015, une entreprise basée en Bretagne, la région d’origine de l’actuel ministre français des Affaires étrangères, obtenait le marché de la fabrication des passeports biométriques au Mali. Selon plusieurs sources, elle aurait bénéficié du soutien actif de celui qui était alors ministre de la Défense.

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Mis à jour le 11 mai 2022 à 14:36

Jean-Yves Le Drian (c.), son fils Thomas (g.) et l’ex-président malien Ibrahim Boubacar Keïta (d.). © Photomontage : JA

Jean-Yves Le Drian et son fils, Thomas, sont convoqués le 20 juin prochain par un juge d’instruction malien pour des faits présumés d’ « atteinte aux biens publics et autres infractions aux dépens de l’État du Mali », a appris Jeune Afrique ce mercredi 11 mai. Nous republions aujourd’hui l’enquête initialement publiée le 25 juin 2021, qui permet de comprendre les raisons de cette procédure.  

Dans le milieu des affaires, chez les grands industriels français et les géants de l’armement, Jean-Yves Le Drian est une valeur sûre. Et pour cause : la vente d’armes, il s’y prépare depuis 2006. À l’époque, la gauche n’est pas encore au pouvoir, et Ségolène Royal s’apprête à affronter Nicolas Sarkozy. Le Breton vient de décider de ne pas se présenter de nouveau aux législatives de 2007 et de se consacrer à sa région.

Mais l’ancien secrétaire d’État à la Mer n’entend pas se couper de Paris. Lors d’un déjeuner – « Chez Françoise », près de l’Assemblée nationale – avec Cédric Lewandowski, conseiller au Parti socialiste qui deviendra son directeur de cabinet, Le Drian évoque la nécessité de rester attentif à des opportunités gouvernementales. Lewandowski – franc–maçon du Grand Orient comme son futur patron – suggère la Défense. Le Breton, qui a commencé à travailler en tant que député au sein de la commission Défense de l’Assemblée dès 1978, acquiesce.

À Lire France-Afrique : Jean-Yves Le Drian a-t-il fait jouer ses réseaux au profit de son fils ? (1/2)

Pour l’ancien maire de Lorient, le domaine militaire est une évidence. Né dans cette ville d’après-guerre en ruines, il s’est formé politiquement au sein de la Jeunesse ouvrière chrétienne, dont ses parents sont militants, et a grandi au contact de l’arsenal de la ville, qui a longtemps produit les navires de combat de la République française.

Réseau

La guerre et l’industrie. En 2006, ces deux piliers deviennent l’alpha et l’oméga de son ambition ministérielle, que quatre hommes se chargent de concrétiser : Lewandowski, évidemment, l’énarque François Roussely, son futur conseiller spécial Jean-Claude Mallet (aujourd’hui directeur des affaires politiques chez Total) et l’ancien officier de l’armée de terre Jean-Michel Palagos.

Ce groupe, baptisé Sémaphore, prépare officiellement les éléments de langage de la candidate Royal sur la défense. Mais il travaille en réalité pour Le Drian, qui multiplie déjà les rencontres avec les industriels et les militaires. Cela paie : en 2007, le Breton est appelé par Nicolas Sarkozy, qui a battu Royal, et travaille à un gouvernement d’ouverture. Le socialiste refuse. Il patientera cinq ans de plus, jusqu’à l’élection de François Hollande.