Politique

Algérie-Russie : Saïd Chengriha à Moscou, dans un contexte de tensions régionales

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 22 juin 2021 à 14h18
Le chef d’état-major de l’armée Said Chengriha assiste à la cérémonie d’investiture du président Abdelmajid Tebboune, à Alger, le 19 décembre 2019.

Le chef d’état-major de l’armée Said Chengriha assiste à la cérémonie d'investiture du président Abdelmajid Tebboune, à Alger, le 19 décembre 2019. © Fateh Guidoum/AP/SIPA

Le chef d’état-major de l’armée algérienne séjourne actuellement en Russie, un partenaire-clé d’Alger.

Le chef d’état-major de l’armée algérienne Saïd Chengriha a entamé le 21 juin une visite officielle en Russie, « sur invitation de Monsieur le Général d’Armée Choïgou Sergueï Koujouguévitch, ministre de la Défense de la Fédération de Russie », précise le ministère algérien de la Défense.

Moscou est le premier fournisseur d’armement à l’Algérie, qui a augmenté ses importations d’armes de 64 % entre 2016 et 2020 selon le rapport du Sipri (Stockholm International Peace Research Institute). Saïd Chengriha participera notamment à la conférence de Moscou sur la sécurité internationale organisée du 22 au 24 juin. Une délégation de la marine algérienne devrait également prendre part à la dixième édition de l’International Maritime Defence Show (IMDS), qui se tiendra à Saint-Pétersbourg du 23 au 27 juin.

Sur le dossier du Sahara, Alger et Moscou sont sur la même longueur d’ondes

Lors d’un point presse du 10 juin, le ministère russe des Affaires étrangères a rappelé la position de Moscou sur la question du Sahara, indiquée dans la foulée de la décision américaine de reconnaître la souveraineté marocaine sur le territoire en décembre 2020.

« Nous avons considéré la décision de l’administration américaine comme portant atteinte au cadre juridique international généralement reconnu pour le règlement du dossier du Sahara occidental, qui prévoit la détermination du statut final de ce territoire par le biais d’un référendum sous les auspices de l’ONU », a ainsi indiqué Maria Zakharova, directrice de l’information au ministère russe des Affaires étrangères. Sur ce dossier donc, Alger et Moscou sont sur la même longueur d’ondes.

La visite a lieu dans un contexte de tensions aux frontières algériennes, de la crise libyenne à l’instabilité malienne. Sans compter que le Maroc et les États-Unis ont achevé le 18 juin une série d’exercices militaires, dont certains ont eu lieu à quelques encablures de la frontière algérienne. Washington voit d’un mauvais œil l’activisme militaire russe dans la région, en particulier en Libye, où la société militaire privée russe Wagner, proche du Kremlin, a stationné plusieurs milliers de mercenaires.

La visite à Moscou du patron de l’armée algérienne fait suite à sa « mission secrète » à Paris, révélée par Jeune Afrique le 15 juin et démentie dans la foulée par le ministère de la Défense algérienne, via un communiqué.

Prise de contact avec Burkhard

Selon nos informations, que nous maintenons, le chef d’état-major algérien a séjourné durant quelques jours à Paris pour discuter du Sahel, après l’annonce par le président français Emmanuel Macron de la fin de l’opération Barkhane au Mali, et dans le cadre d’une prise de contact avec le nouveau chef d’état-major de l’armée française, le général Thierry Burkhard, un familier du terrain sahélien.

Son prédécesseur, le général François Lecointre, que Chengriha avait reçu à Alger le 8 avril, quittera ses fonctions le 14 juillet. Depuis la réforme constitutionnelle de novembre 2020, le parlement algérien est en mesure de discuter de l’envoi de troupes à l’étranger sur proposition du chef de l’État.

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