Politique

RDC : comment Félix Tshisekedi tente de déminer la crise au sein de l’Union sacrée 

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 18 juin 2021 à 18h20
Félix Tshisekedi, en décembre 2018.

Félix Tshisekedi, en décembre 2018. © REUTERS/Baz Ratner

Refus du Sénat de lever l’immunité de Matata Ponyo, opposition au projet de loi d’habilitation… Après deux revers au Parlement, le président manœuvre pour reprendre en main sa majorité. 

Semaine agitée au sein de la majorité présidentielle. Le 15 juin, une majorité de sénateurs a voté contre la levée de l’immunité parlementaire d’Augustin Matata Ponyo. L’ancien Premier ministre (2012-2016) est visé depuis plusieurs jours par une demande d’autorisation de poursuites du procureur général près la Cour Constitutionnelle, dans le cadre du présumé détournement des fonds destinés au programme du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo.

Ce refus au Parlement est un revers pour Félix Tshisekedi. Lors d’une réunion, le 6 juin, le chef de l’État avait demandé aux sénateurs membres de l’Union Sacrée de ne pas faire obstruction à la justice. Plus tôt ce 15 juin, les députés de sa majorité s’étaient aussi opposés à l’inscription à l’agenda de l’examen du projet de loi d’habilitation, qui aurait dû permettre à Tshisekedi et à son gouvernement de statuer notamment sur l’état de siège, sans passer par le Parlement.

Pour apaiser les tensions et répondre aux frustrations des élus, le bureau de l’Assemblée nationale, présidé par Christophe Mboso N’kodia Pwanga, a réuni à la demande de Tshisekedi les députés de la majorité ce 18 juin à l’hôtel Fleuve Congo.

500 Jeeps

« 250 jeeps sont déjà là, l’honorable questeur adjoint va partir avec, je crois, trois députés à Boma pour signer le document, puis acheminer les jeeps à Matadi puis à Kinshasa. Le 12 juillet, les 250 autres jeeps seront là. Fin juillet, elles seront remises à tous les députés, y compris à ceux de l’opposition », a expliqué le président de l’Assemblée aux députés.

Appelant régulièrement les députés à faire confiance à Félix Tshisekedi qui, selon lui, « va tenir toutes ses promesses », Mboso est aussi revenu sur le dossier de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), en demandant aux élus de défendre la réforme votée le 11 juin. Cette loi est contestée au Parlement par certains membres de l’Union sacrée et des élus de l’opposition dont Martin Fayulu.« Je suis en train de suivre le débat contre cette loi. Il ne faut pas laisser faire. Allez dans les médias, défendez cette loi, le bureau de l’Assemblée prendra cela en charge financièrement », a-t-il assuré.

Il est également revenu sur « l’affaire Bukanga Lonzo », dans laquelle, outre Matata Ponyo, des députés sont poursuivis. Il a appelé les élus de la majorité à voter en faveur de la demande d’autorisation de poursuites contre les députés Kumbu Kiala et Louise Munga.

« Nous devons voter pour cette résolution, debout et mains levées, pour honorer l’image de l’Assemblée nationale », a lancé Christophe Mboso, avant d’ajouter : « mieux vaut ne pas lier le sort de nos collègues à celui de l’ancien Premier ministre. »

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