Politique

Cameroun : le Premier ministre Joseph Dion Ngute auditionné sur le « Covidgate »

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 17 juin 2021 à 20h59
Le Premier ministre Joseph Dion Ngute.

Le Premier ministre Joseph Dion Ngute. © MABOUP

Le chef du gouvernement a finalement été entendu à propos du scandale lié à la gestion des fonds alloués à la lutte anti-Covid. Explications.

Selon nos informations, Joseph Dion Ngute a été auditionné le 12 juin dans sa résidence de Yaoundé par des enquêteurs du Tribunal criminel spécial. Par souci de confidentialité, le Parquet a accepté de rencontrer le Premier ministre camerounais le week-end et en dehors de son cabinet.

Conflit d’intérêts

Si rien n’a filtré de cette audition, il est clair qu’elle a été consacrée à la passation des marchés publics spéciaux portant sur une dotation de 180 milliards de F CFA (274,4 millions d’euros) de fonds publics destinés à la lutte contre le Covid-19. Le rapport de la Chambre des comptes qui avait fuité mi-mai ne met pas en cause nommément Joseph Dion Ngute, mais celui-ci avait été cité par le ministre de la Santé, Malachie Manaouda.

Lors de son audition le 19 mai, ce dernier a en effet déclaré avoir reçu l’ordre du chef du gouvernement d’octroyer les marchés spéciaux – sans appel d’offres – à l’entreprise d’un seul homme d’affaires, Mohamadou Dabo.

L’entreprise Mediline Medical Cameroon (MMC), dans laquelle Dabo est actionnaire à travers Moda Corporation, a bénéficié d’une commande de 24,5 milliards de F CFA, soit 89 % de part de marché, contre 10 % octroyés à deux autres prestataires locaux ayant pourtant, selon les magistrats de la Chambre, un plus grand avantage concurrentiel.

Ce quasi-monopole alimente les soupçons de conflit d’intérêts, pourtant vivement contesté par l’entourage de Dion Ngute, qui assure que le Premier ministre ne connaît pas Dabo. De surcroît, selon les mêmes sources, la décision de passer des marchés publics via une procédure d’urgence a été prise à la présidence à la suite d’un entretien entre Paul Biya et l’ambassadrice de Corée du Sud, Bok-Ryeol Rhyou, en juin 2020. Cette dernière était venue proposer au chef de l’État l’aide de son pays face à la pandémie.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3102p001_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer