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Zuma contre-attaque

| Écrit par Élise Colette

L’ex-vice-président lance des poursuites contre les médias.

Jacob Zuma voudrait bien jeter rapidement aux oubliettes les scandales et autres histoires scabreuses associés à son nom depuis plus d’un an. Le temps presse : le Congrès national africain (ANC) doit choisir son candidat à la présidentielle de 2009 en décembre 2007 et il faut pouvoir se préparer à la campagne, déjà insidieusement lancée entre les nombreux prétendants à la succession de Thabo Mbeki. L’ancien vice-président n’a pas perdu tout espoir d’y participer malgré son limogeage en juin 2005. Mais il lui faudra auparavant sortir innocent de son procès pour corruption prévu pour débuter le 31 juillet, mais qui pourrait être reporté à février 2007. Officiellement pour laisser le temps à l’accusation de perquisitionner les bureaux mauriciens de l’entreprise française Thalès, soupçonnée d’être à l’origine des pots-de-vin. Secrètement pour empêcher leur client de se lancer dans la campagne, protestent vertement les avocats de la défense.
Mais alors qu’il s’apprête à retourner sur le banc des accusés – il a déjà été acquitté le 8 mai dernier, dans une affaire de viol -, Jacob Zuma s’est lancé, le 3 juillet, dans une nouvelle opération qui pourrait le mener devant les tribunaux. De l’autre côté de la barre, cette fois-ci, puisqu’il menace de porter plainte contre les médias de son pays coupables, à ses yeux, de lui avoir fait un procès d’intention. L’ex-numéro deux estime à 63 millions de rands (7 millions d’euros) les réparations qui lui seraient dues pour diffamation organisée par un certain nombre d’organes de presse : le groupe Independent Newspapers, la station de radio 94.7 Highveld, les hebdomadaires Rapport et Sunday Times, une demi-douzaine de quotidiens. Sans oublier le célèbre dessinateur Zapiro. « Le bureau de Jacob Zuma » d’où est parvenue la plainte évoque une « crucifixion par les médias » et demande à chaque organe de régler la note (environ 5 millions de rands chacun) sous peine de poursuites en justice.
Le procès pour viol de Zuma a déjà été considéré comme la plus importante affaire de murs depuis la fin de l’apartheid, celui pour corruption pourrait être le plus médiatisé et voilà que Zuma contre-attaque en annonçant la plus grosse procédure pour diffamation de l’histoire sud-africaine. Absent du pays au moment où les plaintes sont arrivées dans les directions des journaux, Zuma n’a pas souhaité s’exprimer directement sur cette affaire, surtout pas aux médias qu’il estime lui être farouchement hostiles. Ces derniers, qui s’offusquent de l’ampleur que prend la nouvelle « affaire Zuma » semblent déterminés à se défendre. « Une poursuite au tribunal ne mettra pas fin à notre examen critique des actions d’un homme qui a l’ambition de devenir président de ce pays », a expliqué Moegsein Williams, le directeur de la rédaction du quotidien The Star. Quant à Zapiro, auquel Zuma demande plus de 15 millions de rands, il estime dans une interview : « Certains de mes dessins sont sévères, mais je les défendrai. La liberté de la presse règne dans ce pays et on ne fera pas taire les caricaturistes ». Le bras de fer est engagé.

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