Économie

Allemagne-Togo : comment Lomé a obtenu un financement de 142 millions d’euros

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Par - à Lomé
Mis à jour le 17 juin 2021 à 14:19

Faure Gnassingbé et Gerd Müller, le 14 juin au Palais présidentiel. © DR

En présence du président Faure Gnassingbé, Lomé et Berlin ont officialisé le 14 juin un nouveau partenariat portant sur de nombreux projets et réformes. Voici les détails des négociations.

Le 14 juin, au Palais présidentiel, en présence du président Faure Essozimna Gnassingbé, le ministre allemand de la Coopération économique et du développement, Gerd Müller et le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, ont signé un nouveau partenariat entre leurs deux pays. Un financement de 142 millions d’euros, dont 100 millions à décaisser cette année, a été annoncé.

Les négociations, qui avaient débuté dès janvier, ont été menées pour Lomé par Beguedouwe Paneto, secrétaire général du ministère du Plan et de la Coopération ainsi que par Shegun Adjadi-Bakari, conseiller du chef de l’État et, pour Berlin, par Stefan Oswald, conseiller spécial du ministère de la Coopération économique et du développement chargé du « Partenariat pour encourager des réformes » togolais.

Les engagements du Togo…

Selon nos informations, les autorités togolaises ont défendu auprès des Allemands la transformation structurelle prévue dans la feuille de route gouvernementale « Togo 2025 », dont l’objectif est de promouvoir la création d’emploi. Elles ont également insisté sur l’accélération du processus de décentralisation – une exigence de Berlin, qui l’accompagne – ayant abouti à l’organisation en 2019 des élections municipales, les premières depuis 30 ans. Elles ont enfin mis en exergue l’amélioration de la réglementation des affaires, confirmée par la Banque mondiale dans ses classements Doing Business de 2018 et 2019.

Le Togo s’est engagé à financer la formation professionnelle, à atténuer les risques pour les investisseurs, à renforcer les services publics, à réformer le mécanisme incitatif de financement agricole, à mettre en œuvre une stratégie de certification et d’assurance de qualité agro-alimentaire et enfin, à entretenir les pistes rurales. Le pays doit aussi améliorer les mécanismes de gouvernance financière et utiliser plus efficacement les fonds publics.

… et ceux de Berlin

En retour, l’Allemagne a promis de financer et de renforcer l’offre de formation professionnelle au Togo, d’appuyer la stratégie anti-corruption ainsi que l’opérationnalisation de l’Agence nationale de la promotion des investissements et de la zone franche (API-ZF) et d’augmenter la quote-part du pays dans le capital social de l’Agence pour l’assurance du commerce en Afrique (ACA). Lomé a finalisé en 2020 les formalités d’adhésion à cette institution panafricaine, dont il est l’un des plus petits actionnaires (8,8 millions de dollars au capital). L’appui allemand devrait transiter par la banque publique KfW.

Berlin soutiendra également les acteurs politiques, juridiques et techniques de la décentralisation, élaborera les plans de développement de dix communes pilotes et participera au fonds d’appui aux collectivités territoriales – le montant de la somme n’est pas encore connu.

Quelques heures après la signature de la déclaration, Gerd Müller et la Première ministre togolaise Victoire Tomégah Dogbé  ont inauguré la construction d’un premier centre de formation professionnelle aux métiers du textile sur la plateforme industrielle de Adetikope, située à 21 kilomètres au nord de Lomé. Coût des travaux : 10 millions d’euros.