Économie

Un marché pour les véhicules électriques en RDC ou en Côte d’Ivoire ?

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Mis à jour le 6 juillet 2021 à 09:26

En Afrique du Sud, la patrie de naissance d’Elon Musk, la première Tesla, un modèle X, a seulement été importée en février 2021. © https://www.tesla.com/

L’électromobilité reste anecdotique sur le continent, même en Afrique du Sud et au Maroc. Toutefois, on note un timide démarrage sur le locatif du deux-roues en ville.

Un horizon bien lointain. Ainsi apparait le marché du véhicule neuf électrique sur le continent. « À ce stade, la demande des entreprises n’est pas perceptible. Hormis les modèles hybrides de Toyota, l’usage de l’électrique n’est pas adapté au contexte régional et aux besoins quotidiens de nos clients professionnels. Il faudra du temps et une action des pouvoirs publics pour que cela change », estime Marc Hirschfeld, directeur général de CFAO Automotive, l’un des premiers distributeurs du continent.

Avec des prix élevés, le caractère souvent aléatoire du réseau électrique et l’absence quasi totale d’infrastructures de recharge même en milieu urbain, ces véhicules restent loin des réalités africaines.

« Au Maroc, la plupart des « clients entreprises » ne sont pas encore intéressés par ces motorisations jugées trop chères et trop risquées à l’usage en matière de disponibilité de bornes et d’autonomie. Les modèles hybrides peuvent être une solution, mais restent coûteux sur un marché dominé par le prix. Même si la crise sanitaire a fait évoluer les mentalités », soutient Tachfine Bekkari, directeur général au Maroc du loueur ALD, une filiale de la Société Générale. Dans le royaume chérifien, selon l’Association des importateurs de véhicules automobiles montés (Aivam), il s’est vendu 1 018 véhicules hybrides et électriques en 2020 (une part de marché de 0,9 %) contre 1 417 en 2019, soit un plongeon de 28 % lié à la crise.

Dans l’un des pays pourtant les plus développés du continent, l’Afrique du Sud, les autorités ont recensé en 2020 la vente de 92­ véhicules électriques et 232 modèles hybrides. Ironiquement, dans la patrie de naissance d’Elon Musk, la première Tesla, un modèle X, vient seulement d’être importée, en février 2021.

Si les facteurs négatifs sont difficiles à gommer à court terme, les choses pourraient changer sur le marché des entreprises avec les multinationales. Ces groupes se sont fixés des objectifs très importants au plan mondial en matière d’émission de CO2, voire de neutralité carbone. Les directions régionales en Afrique devront s’aligner sur ces objectifs. Elles savent qu’elles seront de plus en plus évaluées sur ce critère.

La transition se fera d’abord par l’hybride

« Pour les flottes d’entreprise, la demande viendra en premier lieu de ces grands comptes mondiaux », anticipe Tachfine Bekkari. Ce que confirme Madani Kabbaj, directeur général adjoint du groupe marocain Locafinance, franchisé d’Avis : « Ce type de clients commence à nous faire part de ces évolutions. Il y a un début de prise de conscience. La transition se fera d’abord par l’hybride en attendant le développement des infrastructures. »

eScooters de livraison

Au Maroc, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, qui a inauguré à la fin mai 2021, la première borne 100 % marocain iSmart. Il prévoit une production de 5 000 bornes par an à partir de 2022 pour accélérer le mouvement.  De son coté, l’Égypte projette d’installer à court terme 1 000 bornes, notamment par Infinity-E, filiale de la société semi-publique Infinity Solar soutenue par la BEI.

En attendant l’électromobilité à quatre-roues, la transition et l’acculturation passent aussi par les deux-roues utilitaires, assez peu coûteux – du fait des énormes économies d’échelle en Chine. Ils sont faciles à recharger et libèrent les entreprises de la gestion des bons d’essence.

« Voilà trois ans que nous sommes entrés sur ce marché en proposant la location longue durée d’eScooters de livraison, avec la marque chinoise Takado, très fiable », expose Madani Kabbaj. L’offre de Locafinance comprend un service professionnel avec entretien, remplacement en quatre heures en cas de panne.

« « Nous en sommes à plusieurs centaines de scooters dans les grandes villes du royaume, notamment auprès de l’e-commerçant Chari.ma ou de la Poste », se félicite le DGA du groupe.