Diplomatie

Tchad-Niger : la médiation avortée de Mohamed Bazoum auprès des rebelles du Fact 

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 16 juin 2021 à 16h11
Mahamat Idriss Déby et Mohamed Bazoum à Niamey, au Niger.

Mahamat Idriss Déby et Mohamed Bazoum à Niamey, au Niger. © Présidence du Niger

Après le décès d’Idriss Déby Itno, le président nigérien a pris contact avec Mahamat Mahdi Ali, le chef des rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad. Mais l’initiative, dont « Jeune Afrique » vous dévoile les coulisses, n’a pas plu à N’Djamena.

La discrète opération n’aura duré que quelques jours après la mort de l’ancien maréchal tchadien Idriss Déby Itno (IDI), le 18 avril. Selon nos informations, le président nigérien Mohamed Bazoum a tenté de lancer une médiation auprès des rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact), qui avaient attaqué l’armée tchadienne dans le Kanem, en particulier en approchant leur chef, Mahamat Mahdi Ali.

Issoufou se rétracte

Bazoum, qui n’avait prévenu ni les nouvelles autorités tchadiennes, ni leur principal allié français, a été en contact avec le chef rebelle au minimum jusqu’au 23 avril, date des obsèques d’IDI à N’Djamena. Le chef de l’État, originaire d’une région nigérienne frontalière du Tchad et du Kanem (où est né Mahdi Ali), a tenté de faire jouer les liens communautaires qu’il partage avec le patron du Fact.

Mais l’initiative personnelle du Nigérien n’a pas plu à Mahamat Idriss Déby et aux dirigeants de la transition tchadienne. Selon nos sources, ces derniers lui ont donc demandé d’y mettre fin. Après la mort d’IDI, N’Djamena a en effet refusé toute médiation avec le chef du Fact, considéré comme un mercenaire, et l’a fait savoir à ses alliés.

L’épisode a cependant eu d’autres conséquences diplomatiques. Selon nos informations, l’Union africaine (UA) avait en effet initialement prévu de désigner Mahamadou Issoufou comme haut représentant de l’organisation dans la crise tchadienne. Mais après le délicat épisode entre Mahamat Idriss Déby et Mohamed Bazoum, l’ancien président nigérien a refusé.

Le diplomate sénégalais Ibrahima Fall a finalement été désigné pour accompagner la transition

Issoufou, qui était alors l’un des seuls ex-chefs d’État disponibles, en a informé Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’UA. À la satisfaction de N’Djamena – qui se méfiait de la nomination d’un ancien président en tant que représentant de l’UA –, le diplomate sénégalais Ibrahima Fall a finalement été désigné pour « accompagner la transition ».

Le 10 mai, pour sa première visite officielle, Mahamat Idriss Déby s’était rendu à Niamey dans le cadre de la présidence tchadienne du G5 Sahel. Il s’était alors entretenu avec Mohamed Bazoum.

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