Politique

Tunisie : ce front commun qui milite pour un régime présidentiel

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Mis à jour le 14 juin 2021 à 14:30

Mohsen Marzouk, en juillet 2016 © Mohamed Hammi/SIPA

Mohsen Marzouk, Saïd Aïdi, Chawki Tabib… En l’absence de dialogue national, plusieurs personnalités négocient en vue de faire émerger une nouvelle force politique.

Selon nos informations, des négociations ont démarré depuis un an entre plusieurs partis, représentants de la société civile et personnalités indépendantes. Des discussions qui se sont intensifiées ces derniers mois et qui font émerger une nouvelle force politique. Le 3 juin, une rencontre a ainsi eu lieu, réunissant notamment Mohsen Marzouk et plusieurs cadres de son parti, Machrou Tounes, ainsi que l’ex-ministre de la Santé Saïd Aïdi et des représentants de sa formation, Beni Watani.

Référendum populaire

Sahbi Ben Fredj, ancien député et président du mouvement Watan Adel, l’avocat Chawki Tabib, ancien président de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC), Houssem Hammi, coordinateur du collectif Soumoud, et l’ancien ministre Mohamed Fadhel Mahfoudh, ex-président de l’Ordre des avocats, se sont joints à eux. D’autres personnalités gravitent également autour de cette initiative, comme le constitutionnaliste Amin Mahfoudh.

Ce front commun aurait déjà mis en place des équipes afin d’élaborer une charte politique et morale qui définira leurs objectifs d’ici à septembre prochain. Il envisage également de demander un référendum populaire, purement consultatif, en faveur d’un régime présidentiel.

Meilleure répartition des pouvoirs

L’actuel régime issu de la Constitution de 2014 est considéré comme semi-présidentiel – ou, en creux, semi-parlementaire. Les instigateurs de ce nouveau projet lui attribuent en partie les échecs des dirigeants actuels, et souhaitent donc une meilleure répartition des pouvoirs. « On ne peut pas avoir deux têtes de l’exécutif entre Carthage et la Kasbah. D’autant plus que dans la configuration actuelle, les chefs de gouvernement sont souvent des outsiders qui se retrouvent à la botte des groupes parlementaires qui font la pluie et le beau temps », confie l’un d’eux.

Ils assurent par ailleurs vouloir prendre des précautions afin d’éviter les écueils du passé et de ne pas basculer dans un régime autoritaire, et défendent leur attachement au suffrage universel comme baromètre du pouvoir. D’autres projets sont envisagés : l’organisation d’une convention nationale afin de s’atteler à d’autres chantiers comme la révision de la loi électorale, de la loi sur le financement des partis ou de celle sur la gestion de l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE).

Une deuxième réunion informelle devrait se tenir ce 14 juin. Les participants devraient y déterminer leur stratégie pour rallier d’autres forces à leur front. Parmi les partis de gauche et les partis centristes, Afek Tounes, Al Badil et le Bloc démocratique pourraient rejoindre leur initiative.