Politique

Au Nigeria, la police disperse des manifestations anti-gouvernementales

| Par Jeune Afrique avec AFP
Une fillette lors d’une manifestation contre les violences policières à Lagos, le 18 octobre 2020.

Une fillette lors d'une manifestation contre les violences policières à Lagos, le 18 octobre 2020. © Sunday Alamba/AP/SIPA

La police nigériane a dispersé samedi des manifestations anti-gouvernementales à coup de gaz lacrymogènes à Lagos et à Abuja, blessant plusieurs personnes et procédant à des arrestations.

Des activistes nigérians ont récemment appelé à des manifestations pour protester contre la mauvaise gouvernance, l’insécurité et la récente suspension du réseau social Twitter par le gouvernement du président Muhammadu Buhari.

Il s’agit des premières manifestations organisées simultanément dans plusieurs villes depuis le lancement de #Endsars, nom du mouvement contre les violences policières qui avait balayé en octobre dernier les villes du Sud du Nigeria, avant d’être réprimé et de tourner en émeutes.

Insécurité croissante

Des centaines de personnes se sont réunies samedi à Lagos, une ville qui compte plus de 20 millions d’habitants, et la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Les manifestants brandissaient des pancartes et des affiches sur lesquelles on pouvait notamment lire « Buhari doit partir », dénonçant la mauvaise gouvernance, l’insécurité et appelant à des réformes.

À Abuja, la capitale du Nigeria, une manifestation semblable s’est déroulée avant d’être dispersée par un détachement de la police. Des journalistes ont déclaré avoir été harcelés par les forces de sécurité. La police a indiqué de son côté que ces manifestations n’ont pas été autorisées et que plusieurs personnes ont été interpellées.

Le président Buhari, ancien général élu en 2015, a été récemment la cible de critiques sur l’insécurité croissante au Nigeria. Ce samedi, la police de l’État de Zamfara, dans le Nord-Ouest du Nigeria, a ainsi indiqué que des voleurs de bétail armés avaient tué 53 personnes dans six villages. Le Nigeria fait face à d’autres immenses défis sur le plan de la sécurité, notamment une rébellion jihadiste dans le nord-est, qui a fait plus de 40 000 morts depuis 2009.

Suspension de Twitter

Le gouvernement nigérian a également déclenché un tollé il y a une semaine lorsqu’il a suspendu indéfiniment Twitter dans le pays, affirmant que la plate-forme était utilisée pour des activités visant à déstabiliser le Nigeria. L’ONU, les partenaires occidentaux du Nigeria et les groupes de défense des droits humains ont tous condamné cette décision, la qualifiant de coup porté à la liberté d’expression.

Les manifestations de ce samedi devaient coïncider avec la « Journée de la démocratie », commémorant le jour en 1993 où le Nigeria a élu Moshood Kashimawo Abiola, un chrétien du Sud, à la présidence. Mais la victoire d’Abiola a été annulée par le gouvernement militaire de l’époque, plongeant le Nigeria dans des mois de troubles civils. Le Nigeria est retourné à un régime civil le 29 mai 1999, mais le président Buhari a choisi le 12 juin pour commémorer la « Journée de la démocratie » pour honorer Abiola et d’autres héros de la lutte.

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