Défense

Côte d’Ivoire : à Kafolo, l’armée attendait les jihadistes

Réservé aux abonnés | | Par - à Abidjan
Lors de la cérémonie en hommage aux soldats tués à Kafolo lors d’une attaque attribuée à des jihadistes, le 30 avril 2021 (illustration)

Lors de la cérémonie en hommage aux soldats tués à Kafolo lors d'une attaque attribuée à des jihadistes, le 30 avril 2021 (illustration) © DR / FACI

Un soldat ivoirien a été tué lors d’une attaque attribuée à des jihadistes à Tougbo, dans le nord du pays, ciblé pour la troisième fois en deux mois. Un assaut que la hiérarchie militaire avait pu anticiper.

Officiellement, les autorités ivoiriennes ne privilégient pour l’heure aucune piste. Mais en « off » et sous couvert d’anonymat strict, nos sources au sein des services de sécurité l’affirment sans fard : l’attaque qui a coûté la vie à un soldat le lundi 7 juin a toutes les caractéristiques d’une attaque jihadiste. « Le mode opératoire est celui d’une action classique des terroristes. C’est la stratégie de harcèlement des forces armées qui a commencé à Kafolo qui se poursuit », confie un haut gradé.

Pour la troisième fois en deux mois, le nord de la Côte d’Ivoire a donc été le théâtre d’une attaque ciblant un poste militaire. Vers 21 h, la localité de Tougbo, dans le département de Bouna, a été attaquée par des « individus armés ». « Le détachement des Forces armées de Côte d’Ivoire prédéployé sur les lieux a immédiatement réagi et repoussé l’ennemi », a précisé dans un communiqué le général Lassina Doumbia, chef d’état-major général des armées. Outre le soldat décédé des suites d’une hémorragie après avoir été touché à la jambe, « aucune victime civile n’est à déplorer », précise-t-il.

Informations précieuses

Si un détachement avait été envoyé à Tougbo, c’est que les services de sécurité étaient informés depuis plusieurs jours d’une infiltration de jihadistes dans la zone et de la préparation d’une attaque ciblant l’armée ivoirienne. Les autorités avaient donc déployé un important dispositif dans la région frontalière avec le Burkina. Les troupes au sol étaient en outre soutenues par un dispositif aérien.

« Il y a eu un effet d’anticipation, qui nous a permis de mettre fin à l’attaque dès avant la nuit », explique à Jeune Afrique une source militaire. Des informations précieuses, juge cette source, car si les militaires s’étaient laissés surprendre, « les pertes en vie humaine auraient été importantes pour nous ». Du côté des assaillants, aucun bilan n’a pu être établi. « Nous pensons qu’ils ont profité de la nuit pour emporter leurs morts et leurs blessés », assure notre source.

Les Forces armées ivoiriennes, qui ont mené dans la région l’opération antijihadiste « Comoé » conjointement avec les soldats burkinabè, sont confrontées à une recrudescence d’attaques attribuées à des terroristes. Ce nouvel assaut est le dernier d’une série qui a démarré en juin dernier par l’attaque d’un poste mixte de la gendarmerie et de l’armée.

En s’attaquant à Tougbo, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Kafolo, les jihadistes présumés semblent avoir voulu tenter, une nouvelle fois, de contourner le dispositif mis en place à la frontière pour prendre pied dans une localité où sévissent déjà trafiquants et contrebandiers. En plus de cibler les positions militaires, ils mènent aussi une stratégie de sédentarisation, cherchant à s’allier les bonnes grâces de la population locale tout en menaçant ceux qui collaboreraient avec les autorités.

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