Politique

Guinée : Mamadou Sylla peut-il encore « s’opposer autrement » à Alpha Condé ?

Réservé aux abonnés | | Par - à Conakry
Mamadou Sylla, chef de file de l’opposition guinéenne.

Mamadou Sylla, chef de file de l'opposition guinéenne. © DR

Taxé par certains d’être un opposant trop accommodant, le leader de l’Union démocratique de Guinée (UDG) a montré les crocs. Sans pour autant s’attirer les bonnes grâces des adversaires dits radicaux.

Les bonnes relations affichées entre Alpha Condé et Mamadou Sylla auront été de courte durée. Pourtant, beaucoup avaient parié sur une opposition plus accommodante de ce dernier, désigné pour occuper un poste qui semblait taillé sur mesure pour faire de l’ombre à l’aile dure de l’opposition incarnée par Cellou Dalein Diallo, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Mamadou Sylla lui a succédé en tant que chef de file de l’opposition à l’issue des législatives de mars 2020, boycottées par l’UFDG. Cellou Dalein Diallo, qui continue de remettre en cause l’ensemble du processus électoral – y compris la présidentielle à laquelle il a finalement accepté de participer – a d’ailleurs refusé de lui reconnaître ce statut.

Après la réélection d’Alpha Condé pour un troisième mandat placé sous le signe de la « gouvernance autrement », le leader de l’Union démocratique de Guinée (UDG) avait annoncé sa volonté de « s’opposer autrement », de manière « civilisée », selon ses propres termes. Dans le cabinet qu’il a constitué – pas moins de quinze conseillers spécialisés sur des sujets allant des affaires économiques et sociales à l’environnement  en passant par les questions minières –, Mamadou Sylla a même pris le soin de choisir plusieurs personnalités en rupture de ban avec Cellou Dalein Diallo. C’est en particulier le cas de Mouminy Sylla, son chef de cabinet, qui fut un ancien allié du président de l’UFDG. Mais si Mamadou Sylla est reçu à la présidence et à la primature, ni Cellou Dalein Diallo ni Sidya Touré, le leader de l’Union des forces républicaines, n’ont pour l’instant accepté de le recevoir.

Cette posture d’opposant « constructif », prêt au dialogue avec le pouvoir, et qui prend ses distances avec l’opposition dite radicale, aura finalement fait long feu. « Avec Alpha Condé, on s’appelait régulièrement jusqu’à la fin mars, confie Mamadou Sylla à Jeune Afrique. Mais désormais, ce n’est plus cas. » À l’en croire, ce subit changement de relation avec le chef de l’État remonte au point presse de l’opposant tenu le 10 avril dernier, au cours duquel il a sévèrement critiqué la gestion du pays par le président.

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