Politique

Mali : dans quelles conditions sont détenus Bah N’Daw et Moctar Ouane ?

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Mis à jour le 8 juin 2021 à 10:00

Moctar Ouane (à gauche) et Bah N’Daw, le 21 mai dernier à Koulouba.

Libérés dans la nuit du 26 au 27 mai, l’ancien président de la transition et son Premier ministre sont désormais en résidence surveillée. « Jeune Afrique » dévoile les détails de leur détention.

Leur arrestation le 24 mai, après l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, a marqué un tournant dans la transition, confirmant la mainmise des militaires sur le pouvoir à Bamako.

Bah N’Daw et Moctar Ouane ne sont désormais plus retenus à Kati, ville garnison située à une quinzaine de kilomètres de la capitale malienne. Mais ils restent en résidence surveillée, officiellement pour des raisons de sécurité. Selon nos informations, l’ancien chef de l’État est logé au palais de Koulouba, où il est gardé par la sécurité présidentielle.

Visites filtrées

Une délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a pu le rencontrer au lendemain de sa libération, mais les visites sont filtrées et peu de gens ont accès à lui. L’ancien Premier ministre, Moctar Ouane, se trouve quant à lui à son domicile bamakois, à la Cité du Niger.

La sécurité a été renforcée autour de sa résidence, après qu’une importante délégation de la communauté internationale – Minusma, ambassadeurs … – lui a rendu visite. Au moins une dizaine d’éléments des forces spéciales sont stationnés autour du bâtiment. Son entourage confie qu’il est très agacé par cette présence sécuritaire, qu’il juge injustifiée.

Si Moctar Ouane reçoit certains de ses anciens collaborateurs, un registre est tenu à l’entrée de son domicile afin de surveiller les entrées. Sa famille, qui vit avec lui, a en revanche le droit de se déplacer. Une source qui a pu le rencontrer explique que s’il va bien physiquement, l’ancien Premier ministre est affecté par le fait d’être privé de ses téléphones et de ne pouvoir communiquer avec l’extérieur.

Malgré deux lettres adressées à Assimi Goïta, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) n’a pas encore pu rendre visite à Bah N’Daw afin de s’enquérir de ses conditions de détention. La Minusma, qui a formulé une requête verbale, est elle aussi toujours en attente de réponse.

« Goïta n’a pas refusé notre demande, mais il ne nous a pas non plus donné de date », précise une source proche du dossier.