Politique

Dialogue avec Bozizé en Centrafrique : Touadéra sous pression diplomatique

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Mis à jour le 4 juin 2021 à 14:15

Le président centrafricain en 2019 à Paris. © Bruno LEVY pour JA

Des représentants de la communauté internationale ont séjourné à Bangui du 2 au 5 juin, afin notamment d’appeler le président à discuter avec la rébellion mais également avec l’opposition. 

Une mission diplomatique s’est rendue à Bangui du 2 au 5 juin, dans le cadre du suivi du processus de paix en Centrafrique. Dans la délégation figuraient Bankole Adeoye, commissaire aux affaires politiques auprès de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), Mangaral Banté, commissaire à la paix et à la sécurité au sein de l’Union africaine (UA), Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de paix des Nations unies, et Charles Fries, adjoint au secrétaire général de l’Union européenne (UE).

Dès leur arrivée, les quatre émissaires de la communauté internationale se sont entretenus pendant plusieurs heures avec le président Faustin-Archange Touadéra (FAT). Plusieurs points ont été abordés.

« Pas de paix avec les armes »

Ils ont d’abord évoqué les manifestations hostiles à la communauté internationale et à la Minusca, organisées depuis plusieurs jours à Bangui. Mais, selon une source diplomatique, il a surtout été question du déroulement des élections, de la situation politique très délétère dans le pays et de la sécurité.

Les émissaires ont notamment examiné la possibilité que François Bozizé et des cadres de l’opposition participent à un dialogue « inclusif », tout en incitant Touadéra à ne pas rompre les discussions avec ces derniers. « Il n’y aura pas de paix avec les armes », a répété Bankole Adeoye.

Faustin-Archange Touadéra n’a pas fait mystère de son refus de mener une médiation dans la sous-région

Ce message visait surtout les offensives lancées par Bangui contre la rébellion de Bozizé, après les attaques de janvier. La CEEAC avait alors entamé des pourparlers afin de tenter de convaincre les autorités d’accepter de dialoguer avec l’ancien président. Mais, à plusieurs reprises, FAT n’a pas fait mystère de son refus de mener une médiation dans la sous-région.

Au cours de son séjour, cette mission a également rencontré Simplice Matthieu Sarandji, cadre du parti au pouvoir et président de l’Assemblée nationale, ainsi que des responsables des partis politiques qui avaient annoncé ne pas participer aux consultations menées en vue d’un dialogue.