Diplomatie

RDC-Gabon : bras de fer entre Félix Tshisekedi et Ali Bongo Ondimba pour un siège au Conseil de sécurité de l’ONU

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 02 juin 2021 à 18h40
Félix Tshisekedi, à Addis-Abeba le 6 février 2021, lors de sa prise de fonction en tant que président en exercice de l’Union africaine.

Félix Tshisekedi, à Addis-Abeba le 6 février 2021, lors de sa prise de fonction en tant que président en exercice de l'Union africaine. © DR / Présidence congolaise

Si l’Union africaine (UA) soutient la candidature du Gabon pour le siège de membre non permanent réservé à l’Afrique centrale, le président congolais veut imposer la candidature de son pays. Voici les dessous de ce bras de fer.

Félix Tshisekedi a relancé, le 29 mai, la candidature de la RDC au siège de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, qui est réservé à l’Afrique centrale pour la période 2022-2023 et dont le titulaire sera désigné le 11 juin à New York.

Lors du dernier Conseil exécutif de l’UA – que Tshisekedi préside depuis février dernier – qui s’est tenu du 3 au 4 février 2021 à Addis-Abeba, le Gabon avait pourtant déjà été désigné, tandis que le Ghana avait été retenu pour le siège réservé à l’Afrique de l’Ouest, comme en témoigne le rapport du comité ministériel, que Jeune Afrique a pu consulter.

Campagne à New York

Selon une source haut placée au sein de l’organisation panafricaine, la RDC faisait d’ailleurs partie du comité de rédaction de ce rapport. « Il y a un délai de sept jours après la tenue du comité exécutif durant lequel les membres peuvent se rétracter. Mais Kinshasa n’a rien fait pendant cette période », souligne-t-elle.

La RDC entend néanmoins maintenir sa candidature jusqu’au bout. Selon nos informations, une équipe de hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et de la présidence se trouve déjà à New York pour mener campagne. Cette mission de lobbying doit être rejointe en fin de semaine par Atoki Ileka, directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères et ancien ambassadeur de RDC en France et aux Nations unies, puis, en début de semaine prochaine, par le nouveau ministre des Affaires étrangères Christophe Lutundula.

Selon plusieurs sources diplomatiques congolaises, le siège réservé à l’Afrique centrale devait initialement revenir à la RDC, au Tchad, ou au Gabon. Et, suite au retrait de N’Djamena, seuls la RDC et le Gabon sont restés en lice. Toujours selon ces mêmes sources, l’échec des tentatives de discussions entre la RDC et le Gabon aurait poussé Kinshasa à relancer sa candidature, déposée le 2 octobre 2019.

Contacté par Jeune Afrique, le ministère des Affaires étrangères gabonais n’a pas souhaité faire de commentaires, se retranchant derrière la décision de l’UA.

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