Politique

Mali : les conseils du président Embaló à Malick Diaw

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 02 juin 2021 à 21h16
Umaro Sissoco Embaló et Malick Diaw, le 1er juin à Bissau.

Umaro Sissoco Embaló et Malick Diaw, le 1er juin à Bissau. © DR

Le 1er juin, le président bissau-guinéen a reçu le président du Conseil national de la transition (CNT), déjà en première ligne dans les négociations entre la junte malienne et la Cedeao en août 2020. Voici ce qu’ils se sont dit.

Selon nos informations, lors de leur entrevue, Malick Diaw a informé Umaro Sissoco Embaló que le nouveau président de la transition, Assimi Goïta, s’apprête à nommer Choguel Maïga, le chef du comité stratégique du M5-RFP, au poste de Premier ministre.

Alors que les manifestations pro-russes se multiplient à Bamako, le président bissau-guinéen l’a mis en garde, affirmant que le Mali ne doit pas se mettre les Français à dos. Il lui a d’ailleurs assuré que ni lui, ni ses homologues de la sous-région, n’accepteront que le sentiment anti-français se diffuse dans le pays. Le numéro 1 du CNT lui a promis de contrôler ces rassemblements.

L’avertissement de Goïta

Umaro Sissoco Embaló a enfin insisté sur le fait que, malgré la situation de crise dans laquelle se trouve le pays, l’élection présidentielle devait être organisée à la date prévue, le 27 février 2022.

Le président bissau-guinéen est le seul chef d’État à avoir pris part à l’investiture de Bah N’Daw le 25 septembre 2020. Depuis cet évènement, il a gardé une certaine proximité avec le président déchu. Il se dit très attaché au Mali, le pays d’origine de sa mère, et préoccupé par l’évolution de la situation.

Toujours selon nos informations, Assimi Goïta lui avait téléphoné pour se plaindre de l’attitude de Bah N’Daw durant la phase de négociations qui a précédé le remaniement ministériel. Selon lui, le président de la transition s’écartait alors de leur accord, par lequel il s’était engagé à conserver les militaires à leurs postes. L’homme fort du Mali avait alors averti le président bissau-guinéen en ces termes : « si Bah N’Daw rompt le pacte, nous allons bouger. »

À la suite de cet échange, Embaló avait téléphoné à Macky Sall  pour lui faire part de la teneur de la conversation. Afin d’éviter une situation de crise, les deux hommes ont appelé Bah N’Daw pour le raisonner, en lui disant d’abandonner l’idée d’écarter les militaires – une recommandation qu’il n’a pas suivi.

Tête-à-tête présidentiels

Cette visite de Malick Diaw à Bissau est intervenue deux jours après le sommet extraordinaire des chefs d’État de la Cedeao, organisé à Accra le 30 mai. Lors de cet évènement, Assimi Goïta, qui était alors présent en tant que vice-président, s’est brièvement entretenu avec Alassane Ouattara. Le président ivoirien a réaffirmé les positions de l’organisation sous-régionale concernant entre autres la date de l’élection présidentielle, qui doit être fixée au plus tard fin février 2022.

Goïta a également rencontré Faure Essozimna Gnassingbé, avec qui il entretient de bonnes relations depuis le coup d’État d’août 2020 et Nana Akufo-Addo, le président de la Cedeao.

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