Économie

Maroc : Dakhla Atlantique, escale stratégique pour l’Afrique de l’Ouest

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Par - À Casablanca
Mis à jour le 17 juillet 2021 à 16:25

Centre-ville de Dakhla, à 1 400 km de Rabat et à 1 000 km de Dakar. © Vincent FOURNIER/JA

Projet stratégique pour le développement des provinces du Sud comme dans la politique africaine du royaume, le chantier du complexe portuaire de Dakhla devrait être confié au tandem 100 % marocain Somagec-SGTM.

Le royaume poursuit sa politique de construction de ports afin de conforter son rôle de carrefour économique continental et international. Sur la Méditerranée, après la réussite de Tanger Med, désormais premier port à conteneurs du bassin, la suprématie marocaine devrait être bientôt renforcée par le démarrage des activités de Nador West Med. Sur la façade Atlantique, après ceux de Mohammedia, de Casablanca, de Jorf Lasfar et le nouveau port de Safi, entre autres, le Maroc prépare désormais la construction d’un complexe portuaire à Dakhla 

Considérée comme une porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest, la région Dakhla-Oued Eddahab est appelée, grâce au futur port Dakhla Atlantique, à devenir un hub régional majeur. Ce mégaprojet imaginé en 2016 joue donc un rôle stratégique, à la fois dans la politique africaine du royaume et dans le développement économique, social et industriel des provinces du Sud, dont elle marque l’ouverture aux investisseurs marocains et étrangers, en particulier ceux désireux d’accroître les échanges avec l’Afrique subsaharienne. « C’est un projet structurant qui suscite l’intérêt de nombreuses délégations d’investisseurs étrangers que nous recevons, conscientes du hub que peut constituer cette infrastructure portuaire pour desservir le continent africain, surtout avec la mise en place de la Zlecaf [Zone de libre-échange continentale africaine] », confirme Mounir El Houari, le directeur du Centre régional d’investissement (CRI) de la région. 

Trois pôles

Situé à 40 km du centre-ville, sur une superficie de 1 600 hectares, le complexe sera organisé en trois pôles : un port de commerce spécialisé dans les échanges avec le continent et avec l’Amérique, un port de pêche et un chantier naval pour la maintenance des bateaux. Dès les premières années d’activité, le trafic prévisionnel est de 2,2 millions de tonnes pour les marchandises et de près de 1 million de tonnes pour les produits de la mer, la région offrant des ressources halieutiques particulièrement abondantes (65 % du potentiel national exploitable). Le futur port sera par ailleurs adossé à une zone industrialo-logistique, qui sera également pourvoyeur de nombre d’emplois directs et indirects, notamment dans les secteurs de l’agro-industrie et des produits de la mer. 

Le groupement Somagec-SGTM a été retenu lors de la phase de présélection fin avril 2021 (face à des concurrents tels que le français Eiffage et l’égyptien Arab Contractors). Et tout porte à croire que c’est bel et bien cette équipe 100 % marocaine qui sera chargée de réaliser Dakhla Atlantique, après examen de l’offre technique. Le chantier devrait durer huit ans, pour un coût estimé à 10 milliards de dirhams (environ 930 millions d’euros). SGTM, le groupe dirigé par la famille Kabbaj, a déjà de solides références en infrastructures maritimes : il vient d’achever le chantier du port de Safi et participe à la construction de Nador West Med, dont la livraison est prévue début 2022.