Football

RDC – Serge Nkonde : « Rénover les stades pour postuler à l’organisation de la CAN ou du CHAN »

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Le ministre congolais des Sports, Serge Nkonde, le 19 mai 2021.

Le ministre congolais des Sports, Serge Nkonde, le 19 mai 2021. © Ministère des Sports et Loisirs RDC

Structures vieillissantes, départ de Constant Omari de la présidence de la Fédération congolaise de foot, nouveau sélectionneur des Léopards… Le ministre des Sports répond aux critiques et insiste sur l’engagement du président Tshisekedi.

En avril dernier, dans une interview accordée à Jeune Afrique, Constant Omari, l’influent président de la Fédération congolaise de football (FECOFA), s’était longtemps attardé sur la question des infrastructures sportives de RDC, allant jusqu’à affirmer que le pays « n’était pas en mesure d’organiser une compétition internationale. »

Ancien commissaire provincial aux sports dans le Haut-Katanga de 2016 à 2019, puis député de Sakania – un mandat qu’il exerce toujours –, Serge Nkonde lui répond et réaffirme la volonté de l’État congolais de faire du sport un axe incontournable du mandat de Félix Tshisekedi.

Jeune Afrique : Partagez-vous le point de vue de Constant Omari, qui regrette le manque de structures sportives de qualité en RDC ? 

Serge Nkonde : Je partage ce constat. Le pays fait face à un problème. La Confédération africaine de football (CAF) a d’ailleurs décidé de reporter au mois de septembre les matchs qualificatifs pour la Coupe du monde 2022 afin de permettre à plusieurs pays, dont la RDC, de faire les travaux nécessaires pour remettre les stades aux normes internationales [seul le stade privé du TP Mazembe, à Lubumbashi, est aux normes FIFA].

Toutefois, le président Félix Tshisekedi a fait du sport l’un des principaux dossiers de son mandat, malgré tous les défis auxquels le pays fait face. Grâce à des moyens importants qui seront débloqués, des actions vont être menées pour améliorer ou construire des infrastructures sportives de qualité.

Lesquelles ?

Déjà, la RDC va accueillir en août 2022 la 9e édition des Jeux de la Francophonie, un événement pour lequel des sites sportifs vont être rénovés. L’Arena de Kinshasa, construite par une société turque et dont les travaux auront lieu de septembre 2021 à décembre 2022, pourra accueillir 18 000 personnes pour un coût de 73 millions d’euros.

La rénovation des stades doit permettre à la RDC d’envisager de postuler à l’organisation de la CAN ou du CHAN

Un nouveau comité de gestion a été nommé pour le stade des Martyrs de Kinshasa, où joue habituellement la sélection nationale mais qui n’est pas conforme aux normes internationales. L’État a également décidé de lancer une campagne pour que de nombreux stades soient rénovés et modernisés dans tous le pays : à Kinshasa mais aussi à Goma, Kolwezi, Kisangani, Matadi ou encore Lubumbashi.

En Afrique, des structures sportives, construites ou rénovées pour les besoins des championnats, s’abiment souvent rapidement faute d’un entretien approprié. Serez-vous attentif à cette question ?

Bien sûr ! Il s’agit d’argent public et nous serons très vigilants : il faut que les stades soient entretenus pour qu’ils puissent servir longtemps.

Pour accueillir une compétition d’envergure, comme la Coupe d’Afrique des nations (CAN) ou le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) ? 

Les éditions prochaines sont déjà attribuées [Cameroun en 2022, Côte d’Ivoire en 2023, Guinée en 2025]. Mais ce programme de rénovation de stades dans plusieurs grandes villes du pays doit permettre à la RDC d’envisager de postuler à l’organisation de la CAN ou du CHAN avant la fin du mandat du président Tshisekedi.

Le football africain voit partir chaque année des milliers de ses talents. De nombreuses voix s’élèvent pour demander une implication plus importante des États afin de développer le professionnalisme, estimant que cela inciterait les joueurs à rester en Afrique et les sponsors privés à investir davantage dans des championnats de qualité…

Oui, l’Afrique regorge de talents : beaucoup de grands joueurs sont nés sur le continent. Il est évident que si les États, avec les fédérations, mènent une politique sportive ambitieuse afin de professionnaliser les compétitions et d’améliorer les structures, beaucoup de joueurs resteront plus longtemps en Afrique. Et cela attirera sans aucun doute des investisseurs privés, ce qui génèrera des recettes supplémentaires.

La question des structures sportives est importante, tout comme l’est celle des infrastructures hôtelières ou routières. Si elles sont de qualité, cela attirera également des touristes en Afrique, où il y a tant de belles choses à découvrir…

Avec Hector Cuper, la RDC va pouvoir viser une qualification pour la Coupe du monde 2022

Constant Omari a décidé de ne pas briguer de nouveau mandat à la tête de la FECOFA en fin d’année, même si certains de ses partisans l’encouragent à changer d’avis. Quelle est votre position ?

Ce n’est pas au gouvernement de se prononcer. Constant Omari, avec qui j’ai de bonnes relations, est toujours en poste. Pour la suite, s’il estime qu’il a fait son temps et qu’il faut tourner la page, il faut respecter sa décision. Et s’il veut continuer, nous la respecterons également.

L’Argentin Hector Cuper, qui a notamment entraîné Valence, le Betis Séville, l’Inter Milan ou encore l’Égypte, a été nommé sélectionneur de la RDC. L’État congolais, qui prend traditionnellement en charge le salaire du coach des Léopards, fait-il du Sud-Américain le mieux payé de l’histoire de la sélection nationale ?

Oui. Nous communiquerons prochainement sur son salaire [selon nos informations, il toucherait environ 55 000 euros par mois, hors primes et avantages]. Nous avions déterminé, après discussions avec la FECOFA, d’un montant maximum pour le salaire du sélectionneur, mais également de son staff technique. Hector Cuper a accepté notre proposition. La Fédération, qui a reçu une cinquantaine de candidatures pour le poste de sélectionneur, avait initialement fait le choix du Belge Hugo Broos, mais il y a eu des fuites concernant son salaire et l’Afrique du Sud a fait une proposition plus importante.

Avec un sélectionneur de la qualité d’Hector Cuper, la RDC va pouvoir viser une qualification pour la Coupe du monde 2022 et la CAN 2023.

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