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Exclusif – RDC : après l’éruption du Nyiragongo, l’ONU organise son départ partiel de Goma

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Mis à jour le 26 mai 2021 à 16:08

Le ciel de Goma, après l’éruption du Nyiragongo, samedi 22 mai 2021. © Justin Kabumba/AP/SIPA

Face aux secousses sismiques continues intervenant après l’éruption du volcan Nyiragongo le 22 mai, l’ONU a décidé d’évacuer de Goma son personnel jugé non essentiel. La majeure partie du staff onusien doit être transportée vers Bukavu et Saké.

La décision a été annoncée en interne ce mercredi par Bintou Keïta, la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC et patronne de la Monusco. À partir de ce 26 mai, la Monusco va procéder à la relocalisation en RDC et dans les zones d’opérations de la Mission, de son personnel non essentiel ainsi que de ceux des agences, fonds et programmes liés aux Nations unies, et ce pour une période de deux semaines renouvelables. Une information confirmée à Jeune Afrique par le porte-parole de la Monusco, Mathias Gillman.

« L’équipe de coordination du dispositif de sécurité, sur la base des conseils de l’expert volcanologue engagé par la Mission, a établi que les secousses continues qui ont fait suite à l’éruption volcanique nécessitaient que nous réduisions notre empreinte à Goma », explique la Guinéenne Bintou Keïta à ses troupes, dans une note que Jeune Afrique a consultée.

Au total, environ 5 000 personnes devraient êtres concernées par cette relocalisation. Selon plusieurs sources contactées par JA, deux points de chute sont privilégiés : les villes de Saké et, surtout, Bukavu, sur le lac Kivu. Dans cette dernière, la Monusco dispose en effet déjà d’une importante base. En outre, le transport des déplacés en bateau de Goma à Bukavu est à l’heure actuelle la solution la plus envisageable, l’aéroport de Goma étant fermé.

Le « personnel essentiel » reste à Goma

Selon nos informations, des réunions s’étaient tenues la veille pour valider ou non la décision d’évacuer la majeure partie du personnel onusien de Goma. Depuis le 22 mai, date de l’éruption du Nyiragongo, plusieurs tremblements de terre ont touché la région et causé des fissures dans des bâtiments et les secousses semblent aller en s’accentuant. La même situation a été rapportée à Rubavu, au Rwanda.

Selon la même note interne signée de Bintou Keïta, l’ONU a également prononcé la suspension de toutes les missions non essentielles dans la zone d’opération de Goma. La diplomate guinéenne demande toutefois aux cadres onusiens sur place de « veiller à ce que le personnel essentiel soit prêt à entreprendre les tâches essentielles à l’appui de leurs mandats respectifs ». Pour ce personnel, la mission prendra « les dispositions nécessaires » en matière de sécurité.

« Tous les personnels essentiels à la réponse humanitaire et au soutien aux autorités dans la crise actuelle resteront pleinement mobilisés à Goma, au côté de la population », précise Mathias Gillman.