Politique

Mali : pourquoi Bah N’Daw et Moctar Ouane sont toujours retenus à Kati

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 25 mai 2021 à 11h07
Le président Bah N’Daw, le 17 mai à Bamako.

Le président Bah N'Daw, le 17 mai à Bamako. © DR / Présidence malienne

Le président de la transition et son Premier ministre ont été interpellés lundi par des militaires et conduits au camp de Kati, quelques heures après l’annonce de la composition d’un gouvernement.

La composition du nouveau gouvernement venait d’être annoncée sur les antennes de l’ORTM lorsque la situation à Bamako s’est subitement tendue, lundi 24 mai en fin de journée.

Des mouvements de troupes ont d’abord été observés au camp militaire de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, ainsi que dans plusieurs points de la capitale. Le président de la transition, Bah N’Daw, et le Premier ministre, Moctar Ouane, ont ensuite été conduits sous escorte militaire à Kati. Le général Souleymane Doucouré, qui venait d’être nommé ministre de la Défense, a lui aussi été emmené et tous trois se trouvaient encore à Kati ce mardi matin.

Cette soudaine montée de tension intervient après l’annonce de la mise à l’écart, dans le gouvernement Moctar Ouane II, de deux membres influents de l’ex-Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), qui a mené le putsch du 18 août 2020 contre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).

Pressions exercées contre Bah N’Daw

Les militaires dominent toujours le gouvernement, mais le colonel Modibo Koné a dû céder son poste de ministre de la Sécurité et de la Protection civile au général Mamadou Lamine Ballo, tandis que le colonel Sadio Camara a quitté le très stratégique ministère de la Défense où devait le remplacer le général Souleymane Doucouré, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air qui était jusque-là secrétaire général du ministre de la Défense.

Les colonels Koné et Camara sont tous deux proches d’Assimi Goïta, le chef de la junte qui a renversé IBK et qui est devenu vice-président de la transition. Quoique discret et fuyant les médias, Goïta passe, depuis plusieurs mois, pour le véritable homme fort du Mali.

Selon nos informations, des pressions sont actuellement exercées contre Bah N’Daw, qui est lui-même un ancien militaire à la retraite, pour que les colonels écartés soient réintégrés au gouvernement. Le président de la transition pourrait également être contraint de se séparer de son Premier ministre et d’annoncer la dissolution du gouvernement, mais n’aurait pas hésité à mettre sa démission dans la balance.

Une mission de la Cedeao attendue

Dès lundi soir, la mission des Nations unies au Mali (Minusma), la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Union africaine, la France, les États-Unis, le Royaume-Uni l’Allemagne et l’Union européenne ont réaffirmé, dans un communiqué commun, « leur ferme soutien aux autorités de la transition ». Condamnant « fermement la tentative de coup de force », ils ont exigé « la libération immédiate et inconditionnelle » de Bah N’Daw et de Moctar Ouane.

Même réaction du côté de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) dont la secrétaire générale, Louise Mushikiwabo, demande « la libération immédiate et sans conditions » du président de la transition et du chef du gouvernement et en appelle « au sens des responsabilités et à la préservation de l’intérêt supérieur du Mali ».

Une mission de la Cedeao, dirigée par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, est attendue à Bamako ce mardi.

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