Société

[Chronique] Recherche kilowatt-heure désespérément

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Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Glez

© Glez

Les coupures d’électricité sont monnaie courante sur le continent, mais sont-elles vraiment une fatalité ?

Si les Ouest-Africains scrutent les promesses nuageuses de la prochaine saison des pluies, ce n’est pas que pour le bien de leurs plantations maraîchères. Qui dit pluie dit remplissage des barrages hydro-électriques. À l’inverse, qui dit saison sèche et chaude dit usage outrancier de la climatisation. Et c’est bien le problème !

Coupures

Ces derniers mois, beaucoup de pays ont connu une distribution d’électricité chaotique. Certains gouvernements fatalistes admettent le déficit conjoncturel de kilowatt-heures en instaurant un partage solidaire du précieux jus. Le 11 mai dernier, la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) instaurait un programme d’interruption de sa fourniture, soit entre 6 et 12 heures, soit entre 12 et 18 heures.

Dans tous les pays concernés, les services de relations publiques indiquent que le programme est « pessimiste » – la coupure pourrait durer moins de 6 heures, inch’Allah.

Si Youssou Ndour empruntait aux Beatles, il y a quelques années, la mélodie « Ob-la-di, Ob-la-da » pour en faire le titre satirique « Leep mo Lendem » (« tout est dans l’obscurité », en wolof), la pénurie ne prête guère à danser. Les petits commerces du Congo ou du Burkina Faso se disent asphyxiés par les coupures de courant, en particulier les vendeurs de produits réfrigérés. Le 26 avril, ce sont même des morts d’hommes qu’enregistrait la Centrafrique, du fait d’une gigantesque panne d’électricité : au grand hôpital de Bangui, décédaient quatre patients sous oxygène.

Les statistiques relèveraient un baby-boom lorsque les couples privés de télévision multiplient les activités procréatrices…

Les responsabilités sont éminemment politiques. Quand ce n’est pas un président qui interrompt l’interconnexion avec un voisin qui le déçoit, ce sont les responsables des infrastructures qui oublient d’anticiper l’évolution de la démographie. Les statistiques relèveraient même un baby-boom lorsque les couples privés de télévision multiplient les activités procréatrices…

Une énergie propre et fiable

Le développement durable du continent et le confort de ses habitants – qui seront vraisemblablement 2,1 milliards en 2050 – rimera-t-il un jour avec une électricité abordable et fiable, à partir de sources d’énergies renouvelables ? Le défi de l’électricité propre est cohérent avec les caractéristiques climatiques de l’Afrique. Il est temps de transformer l’astre impudent en source d’énergie massive.

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