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Quand Bouteflika et Ben Ali « communient » »

Par - Abdelaziz Barrouhi
Mis à jour le 11 février 2008 à 15:03

Lors de la cérémonie commémorative du 50e anniversaire du bombardement par l’aviation française, le 8 février 1958, du village frontalier tunisien de Sakiet Sidi Youssef, pendant la guerre de libération de l’Algérie, les présidents Zine el-Abidine Ben Ali et Abdelaziz Bouteflika ont choisi de se faire représenter l’un par son ministre de l’Intérieur, l’autre par celui des Moudjahidine. Les deux hommes se sont en revanche rencontrés la veille à Tunis. Au carré des Martyrs du cimetière de Séjoumi, au milieu des vivats d’une foule nombreuse qui scandait leurs noms en brandissant portraits et drapeaux, ils ont rappelé que Sakiet Sidi Youssef reste « le symbole de la communion entre deux peuples frères et du soutien apporté par le peuple tunisien à la révolution algérienne ».
Lors de leurs entretiens politiques, au Palais de Carthage, le chef de l’État algérien était entouré d’une délégation d’une quinzaine de membres parmi lesquels Mourad Medelci et Chakib Khelil, les ministres des Affaires étrangères et de l’Énergie. À en juger par les déclarations des uns et des autres, la rencontre semble avoir été fructueuse et pourrait marquer un tournant dans les relations entre les deux pays.
L’objectif affiché est, bien sûr, « d’impulser un nouvel élan à la coopération bilatérale ». Laquelle, comme l’a reconnu Bouteflika, reste « en deçà des attentes et des aspirations ». Convaincu que sa visite permettra de « lever tous les obstacles entravant la dynamique de rapprochement et de coopération », le président algérien a insisté sur la nécessité de « multiplier les opportunités d’investissement » et de « faciliter le flux des échanges de marchandises », dans le cadre d’un accord de « libre-échange préférentiel » qui devrait être signé prochainement.
La visite à Tunis de Bouteflika, qui revenait du sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba, aura duré environ six heures.