Diplomatie

Afrique-France : mini-sommet sécuritaire, dîner à l’Élysée… L’agenda parallèle des présidents à Paris

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 18 mai 2021 à 19h01
Les chefs d’Etat du G5 Sahel, le 17 mai à l’hôtel The Peninsula Paris.

Les chefs d'Etat du G5 Sahel, le 17 mai à l'hôtel The Peninsula Paris. © PREFASO

Invités au sommet sur le financement des économies africaines, les chefs d’État sahéliens ont profité de leur présence à Paris pour se réunir la veille, le 17 mai, avant de retrouver leurs homologues à l’Élysée.

Roch Marc Christian Kaboré, Bah N’Daw, Mohamed Ould Ghazouani et Mohamed Bazoum se sont retrouvés avec leurs ministres des Affaires étrangères, le 17 mai, à l’hôtel The Peninsula Paris. Côté Tchad, le Premier ministre Albert Pahimi Padacké était présent.

C’est la première rencontre des présidents du G5 Sahel depuis leur réunion informelle en marge des obsèques d’Idriss Déby Itno, le 23 avril. Ils souhaitaient une nouvelle fois s’assurer de l’engagement tchadien, malgré la transition qui doit encore durer dix-sept mois.

Sommet en urgence

Pahimi Padacké a donc réaffirmé la volonté de N’Djamena de maintenir son rang au sein de cette organisation – il a répété ce même discours au ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, avec qui il s’est entretenu dans la matinée du 18 mai.

Un bataillon de 1 200 hommes demeure déployé au sein de la force conjointe et des troupes ont bien quitté le nord du Burkina Faso, où elles effectuaient une mission ces dernières semaines, pour rejoindre, comme cela était planifié, leur base de Téra, au Niger, proche de la zone des trois frontières, où elles mènent des opérations.

Les chefs d’État sahéliens ont donc confirmé la présidence tchadienne du G5 Sahel, qui sera assurée par Mahamat Idriss Déby, en remplacement de son père. Tous ont également discuté de l’importance de continuer à mutualiser les efforts sur le terrain et de la nécessité de parvenir à débloquer les financements des partenaires étranger. Constatant que la situation sécuritaire s’est dégradée depuis le sommet de N’Djamena, le 16 février, les présidents ont convenu de se réunir à nouveau « le plus vite possible ».

Débats à l’Élysée

À 20 heures, Roch Marc Christian Kaboré, Bah N’Daw, Mohamed Ould Ghazouani, Mohamed Bazoum et Albert Pahimi Padacké ont ensuite rejoint l’Élysée. Ils étaient attendus pour dîner à l’invitation d’Emmanuel Macron, avec les autres chefs d’État et de gouvernement, dont certains étaient accompagnés par leurs épouses, ainsi qu’avec des représentants des grandes institutions (Union européenne, OMC, Unesco, OIF…).

Au menu des discussions, deux grands sujets : la restructuration ou l’annulation de la dette africaine et le passage des droits de tirages spéciaux des pays africains à 100 milliards de dollars, contre 34 prévus actuellement – un souhait partagé par l’Afrique et la France.

Lors d’un tour de table, chacun des convives a été invité à s’exprimer. Félix Tshisekedi, Paul Kagame, Roch Marc Christian Kaboré, Mohamed Ould Ghazouani, Mohamed Bazoum, Cyril Ramaphosa, la directrice du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina Georgieva et le Premier ministre tchadien ont particulièrement participé aux débats.

Ce dernier a ainsi redit la position de N’Djamena sur la question libyenne : la sécurité du pays et le fait d’en chasser les mercenaires ne doit pas se faire au détriment des voisins. Il faisait référence à la récente incursion rebelle au Tchad.

Réunion informelle

Le lendemain, à 11 heures, les chefs d’État de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se sont réunis à l’initiative de Roch Marc Christian Kaboré, le président en exercice de l’organisation. Tous souhaitaient s’entendre sur une position commune sur la dette et le financement des économies avant de prendre part, dès 14 heures, au sommet organisé au Grand Palais éphémère, non loin du Champ-de-Mars.

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