Politique

Maroc : dix choses à savoir sur Nadia Fettah Alaoui

Réservé aux abonnés | | Par - à Casablanca
Nadia Fettah, ministre marocaine du Tourisme.

Nadia Fettah, ministre marocaine du Tourisme. © MAP/AICP

Première femme à occuper ce poste, la ministre marocaine du Tourisme a la lourde tâche de sauver un secteur aussi stratégique que sinistré.

• Humilité

Née à Rabat en 1971, elle a grandi dans un foyer où le travail et le savoir sont des valeurs cardinales. Pur produit de l’école publique, elle rejoint pourtant, à partir de la terminale, le lycée français Descartes, pépinière des futures élites.

• HEC

Diplômée de HEC Paris en 1997, elle décide de rentrer au bercail et démarre sa carrière professionnelle dans le cabinet d’audit Arthur & Andersen, alors l’un des poids-lourds du secteur.

• Battante

Après trois ans d’audit, puis trois autres au sein de la Compagnie africaine d’assurance – qu’elle quitte après sa fusion avec Axa, car elle voit arriver des « mercenaires pétris de certitude », elle rejoint le groupe tunisien de capital-investissement AfricInvest. Elle fait même ses six premiers mois sans contrat de travail. C’est elle qui donne naissance au fonds d’investissement Maroc Invest.

• Saham

En 2005, alors qu’elle envisage de prendre une année sabbatique, elle est recrutée par le groupe Saham assurance, fondé par Moulay Hafid Elalamy. Elle y gravit tous les échelons jusqu’à en devenir directrice générale. Sous son impulsion, Saham part à l’assaut du continent. C’est elle qui est derrière l’acquisition de Saham Finances par le sud-africain Sanlam, en 2018.

• Pionnière

À sa surprise, elle est nommée ministre du Tourisme en octobre 2019. Pour le roi Mohammed VI, qui voulait du « sang neuf », c’est un casting rafraichissant. Celle qui venait d’être élue CEO de l’année à l’Africa CEO Forum devient la première femme à diriger ce ministère.

• Héritage

Elle marche dans les pas de son père, Mohammed Fettah, ancien ministre des Mines et de l’Energie et ex-directeur général de l’OCP, décédé en 2016 et unanimement loué pour ses compétences. Comme lui, elle est saluée pour sa maîtrise des dossiers, au point d’être considérée comme l’une des « meilleures financières du royaume », selon l’un de ses ex-collaborateurs chez Saham.

• Féministe

Mariée et mère de deux enfants, « on est vite considérée, selon elle, comme une épouse ou une mère indigne lorsque l’on accorde trop de temps ou d’importance à son métier ». En 2012, elle fonde le club des femmes administrateurs, une association qui aide les femmes à accéder aux postes décisionnaires.

• RNI

À l’origine sans couleur politique, elle rejoint le Rassemblement national des indépendants (RNI) peu après sa nomination au ministère du Tourisme. Le parti, dont MHE est l’un des piliers, est dirigé par le ministre de l’Agriculture Aziz Akhannouch.

• Humour

Vivant à mille à l’heure et enchaînant les nuits blanches, cette workaholic a consacré ses deux premiers mois en tant que ministre à des visites sur le terrain. Ses anciens collaborateurs évoquent une femme vive d’esprit, dotée d’un sens certain de l’humour. Elle préfère d’ailleurs l’effervescence de Casablanca à la torpeur de Rabat.

• La carte locale

Alors que les professionnels du secteur s’apprêtent à subir une seconde année blanche, elle mise sur le tourisme intérieur pour limiter la casse. Elle devra parallèlement trouver le temps d’être Commissaire générale du Pavillon marocain à l’Exposition universelle de Dubaï (de octobre 2021 à mars 2022), en remplacement du technocrate déchu Mustapha Bakkoury.

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