Politique

Djibouti : inauguration du cinquième mandat d’Ismaïl Omar Guelleh

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Mis à jour le 16 mai 2021 à 11:26

Le président de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, briguait le 9 avril 2021 un cinquième mandat. © Vincent Fournier pour JA

Devant une assistance d’un peu plus de 500 personnes triées sur le volet, dont plusieurs chefs d’État  et de gouvernement, Ismaïl Omar Guelleh a tenu samedi la cérémonie d’investiture lançant officiellement son cinquième mandat.

Pour des raisons sécuritaires, c’est derrière les murs de son palais que le président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh (IOG), a organisé, le 15 mai, la cérémonie d’investiture qui inaugure officiellement le cinquième mandat pour lequel il a été élu au soir du 9 avril avec un score sans appel de 97,4 %.

Pour l’événement, le chef de l’État, âgé de 73 ans, a convié les représentants de son gouvernement et des principaux corps constitués de la République, les chefs coutumiers et les leaders religieux, ainsi bien sûr que le corps diplomatique au grand complet. Soit une assistance d’un peu plus de 500 personnes, triées sur le volet, auxquelles se sont joints les invités de marque, dont trois chefs d’État : le Togolais Faure Gnassingbe ralliant le Guinéen Alpha Condé et le Kenyan Uhuru Kenyatta qui s’étaient déjà trouvés à pareille célébration trois jours plus tôt à Kampala, à l’occasion du lancement du sixième mandat de Yoweri Museveni.

Rapprochement

La présence du Kenyan constituait une surprise de taille, quelques mois seulement après la campagne plutôt musclée entre son pays et Djibouti pour l’attribution du siège africain au Conseil de sécurité de l’ONU. « Les dernières tensions qu’ont connu ces deux pays avec la Somalie semblent les avoir rapprochés », constate une source diplomatique extérieure. Mogadiscio a répondu présent en dépêchant son Premier ministre, Mohamed Hussein Roble qui, durant les festivités, siégeait non loin de Muse Bihi Abdi, le président de la République, non reconnue, du Somaliland.

Si l’Éthiopie a envoyé sa présidente, Sahle-Work Zewde, en Ouganda, c’était Abiy Ahmed qui avait fait le déplacement chez son voisin, une première depuis le déclenchement de la guerre dans le Tigré en novembre. Également débarqué d’Addis-Abeba, Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine (UA). Invité, Paul Kagame s’est fait représenter par son Premier ministre, Édouard Ngirente.

Le monde arabe et musulman s’est également déplacé en nombre. Pendant que le Pakistan et les Comores avaient mandaté les présidents de leurs assemblées, le Yémen, l’Arabie Saoudite et le Qatar envoyaient chacun leurs ministres des Affaires étrangères. C’est d’ailleurs leur confrère djiboutien, Mahmoud Ali Youssouf, qui a officié comme maître d’une cérémonie où se sont succédés les ballets folkloriques et protocolaires. Le tout sous la bénédiction du Saint Coran. Le président IOG pouvait à nouveau prêter serment devant le président de la Cour constitutionnelle, Abdi Ibrahim Absieh, qui lui remettait une nouvelle fois en mains le drapeau de la nation, en présence du général Zakaria Cheikh Ibrahim, chef d’état-major de l’armée djiboutienne.

Dernier mandat

Le discours d’investiture a été court – un peu plus d’une douzaine de minutes -, et centré sur les thèmes qui ont fait le succès du président tout au long de ses 22 années déjà passées au pouvoir : la stabilité nationale et régionale ainsi que l’unité du pays et son développement économique, si possible inclusif. « Beaucoup a été fait. Beaucoup reste encore à faire en ce domaine », reconnaît le chef de l’État, qui vient donc d’obtenir un nouveau bail de cinq ans pour faire de cette dernière promesse une réalité pour la population djiboutienne, à commencer par sa jeunesse. « Pas d’autre choix que l’ambition. Pas d’autre moyen que le travail pour réussir ensemble », a-t-il conclu.

Quelques phrases plus tôt, IOG avait démarré ses propos en rendant hommage au maréchal Idriss Déby Itno, « leader courageux qui a su servir son pays jusqu’au bout ». Un exemple qu’il ne devrait personnellement pas pouvoir suivre. Le président djiboutien n’est en effet pas autorisé à se représenter dans cinq ans, au nom de la limite d’âge imposée par une Constitution qu’il vient de s’engager à respecter.