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Cet article est issu du dossier «Les 500 premières entreprises africaines en 2021»

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BTP & Infrastructures

Sénégal : Oumar Sow veut transformer la CSE

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Mis à jour le 08 juin 2021 à 09h52
Oumar Sow Directeur Général de la Compagnie Sahélienne d’Entreprises (CSE), à Dakar, en 2015.

Oumar Sow Directeur Général de la Compagnie Sahélienne d'Entreprises (CSE), à Dakar, en 2015. © Sylvain Cherkaoui pour JA

Encore centré sur la construction de routes, le groupe sénégalais de BTP, fondé par Aliou Sadio Sow et désormais piloté par son fils, accélère sa diversification.

Il n’a pas soixante ans, mais parle déjà d’héritage. Au cours des douze derniers mois, Oumar Sow, président du directoire de la Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE), a engagé des projets qui devraient transformer le groupe familial sénégalais de BTP, dont il a pris les rênes en 2015, deux ans avant le décès de son père Aliou Sadio Sow.

« Si je parviens à les mener à bien, j’aurai fait ma part du travail », estime l’entrepreneur dans un style toujours très direct, où le tutoiement est de rigueur.

Bousculée par la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel, la CSE s’est recentrée ces quatre dernières années sur le Sénégal. Elle est également très active en Sierra Leone, son deuxième marché.

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En revanche, l’entreprise s’est retirée définitivement du Niger et elle pourrait déserter d’autres pays. « Cela fait deux ans que nous avons un chantier au Burkina Faso, proche de la frontière du Bénin, que nous ne pouvons pas exécuter car la sécurité n’y est plus assurée », explique Amar Ly, directeur qualité, sécurité,  environnement du groupe.

Concurrents chinois et turcs

Sur ses terres, le groupe de la famille Sow, très connectée avec le monde politique, parvient encore à tirer son épingle du jeu. Mais il ne peut plus miser sur les appels d’offres pour se développer. « Sur chaque dossier, nous sommes en compétition avec dix groupes chinois ou turcs. On peut en battre un ou deux, mais certainement pas dix », constate le patron.

CSE a connu une année de transition avec l’achèvement de grands projets, comme la première phase de construction du TER

En 2020, le groupe a été en plus pénalisé par la crise du Covid, qui a rendu plus difficile son approvisionnement en bitume, essentiel à ce spécialiste de la construction de route, mais aussi en tuyaux.

Il a par ailleurs connu une année de transition avec « l’achèvement de certains grands projets, comme la première phase de construction du train express régional (TER), dont le chantier doit reprendre en 2021 pour relier Diamniadio à l’aéroport Blaise Diagne », précise Massamba Gueye, son directeur général adjoint chargé des finances.

En conséquence, les revenus de la CSE sont passés l’an dernier de 145 à 112 milliards de F CFA (de 221 à 170,7 millions d’euros).

Offres spontanées

Pour inverser la tendance et contourner la question de la concurrence, le groupe mise sur les « offres spontanées », autrement dit les projets menés avec l’État au travers de partenariats  public-privé où il se charge de trouver les financements.

Il devrait décrocher le très important chantier d’assainissement de Dakar, estimé à 114 milliards de F CFA. Les études sont faites et la signature officielle doit suivre. Dans la capitale sénégalaise, les eaux usées sont presque intégralement rejetées en mer sans traitement. Les canalisations seront posées sans creuser d’importantes tranchées grâce à un procédé innovant de micro-tunneliers.

C’est déjà la CSE qui avait construit au début des années 1980 la seule station d’épuration de Dakar, à Cambérène, au nord-est de la capitale. « D’ici à quelques années, le groupe pourrait devenir une sorte de Veolia sénégalais », imagine Amar Ly.

Son usine de tuyaux en PVC et PVR pourrait dégager une très bonne marge avec un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards de F CFA par an

Pour accompagner ce projet et bien d’autres, Oumar Sow a investi dans une usine de fabrication de tuyaux en PVC et PRV, la deuxième plus importante du pays (11 000 tonnes par an).

Bien que modeste au regard de la dimension du groupe, ce projet, porté par la société Polytek, pourrait dégager une très bonne marge avec un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards de F CFA par an. Le démarrage de cette activité est prévu dans les semaines à venir.

Services aux pétroliers

Mais la diversification la plus prometteuse concerne le secteur de l’énergie, qui connaît actuellement un formidable engouement à l’approche de l’entrée en production des champs gaziers situés à cheval sur les domaines maritimes du Sénégal et de la Mauritanie.

La CSE s’est déjà dotée d’une filiale, qui va vendre des services de transport maritime, de consignation de navires, de catering et de fourniture de main-d’œuvre aux acteurs pétroliers. « Nous répondons déjà à des appels d’offres », révèle le patron. Et beaucoup plus ambitieux : plusieurs sources confirment que le groupe familial souhaite se lancer dans la production d’électricité. Mais de cela, Oumar Sow refuse de parler, laissant de côté son habituelle convivialité.

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