Culture

Québec-Afrique : à livre ouvert

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Mis à jour le 18 juin 2021 à 17:33

L’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) regroupe une centaine de maisons d’édition en langue française situées principalement au Québec mais également en Ontario, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick. © ANEL

Dans la foulée du secteur de l’enseignement qui lui a permis d’asseoir sa notoriété sur le continent, le Québec mise aujourd’hui sur le monde francophone de l’édition pour resserrer ses liens avec l’Afrique et ses auteurs. Si possible en respectant un impératif de réciprocité en faveur de l’édition africaine.

Depuis trois décennies, l’Association nationale des éditeurs de livres (Anel) incarne les particularités du secteur de l’édition du Québec et, plus généralement, du Canada francophone, « qui n’a rien à voir avec celui du reste du pays », estime Sébastien Lefebvre, l’un de ses responsables. Et ce n’est pas qu’une question de langue.

Autour d’un réseau de librairies indépendantes très dynamique dans la province, l’Anel structure la filière en permettant le dialogue entre ses différents acteurs et les pouvoirs publics. Elle veille également à son rayonnement international, grâce aux actions menées par le comité Québec Édition, de la participation aux principaux salons professionnels du monde entier à l’exportation de la production québécoise en passant par la cession de droits aux éditeurs étrangers.

De Casa à Tunis

L’Anel au salon de Genève, en 2017.

L’Anel au salon de Genève, en 2017. © ANEL

L’Anel a permis à l’industrie locale du livre de faire mieux qu’exister face à une édition française qui a pu, un temps, la cannibaliser. Elle cherche maintenant à renforcer le secteur en lui permettant de conquérir de nouveaux marchés, en Europe d’abord, mais également à travers l’Afrique. Elle s’appuie pour cela sur la communauté francophone du continent, qu’elle rencontre lors des grandes foires européennes, ainsi qu’à l’occasion des événements organisés à Casablanca et à Tunis.

Elle peut également compter sur son bureau centralisé de commandes, le Mamo (Maghreb, Afrique, Moyen-Orient), « très actif auprès des institutions culturelles et éducatives en Afrique du Nord », précise Sébastien Lefebvre. Destiné à « servir le développement de la culture et des savoirs à un prix raisonnable », comme le résume son responsable, le Mamo doit encore trouver des partenaires plus au sud, en présentant l’offre québécoise comme une alternative à la production française.

L’énorme marché du livre scolaire représente à lui seul 90 % des volumes exportés en Afrique

C’est vrai aujourd’hui dans l’énorme marché du livre scolaire, qui représente à lui seul 90 % des volumes exportés du Québec en Afrique. Demain peut-être cela sera-t-il aussi le cas en littérature, dans la foulée des maisons d’édition spécialisées dans les cultures autochtones et les diasporas. « L’enjeu va au-delà de la simple vente. Il s’agit d’augmenter la visibilité de l’offre québécoise et surtout d’assurer une réciprocité avec le monde de l’édition en Afrique », affirme Simon de Jocas, éditeur et président depuis cinq ans de Québec Edition. « De s’inscrire dans la durée », reprend Sébastien Lefebvre. Avec, pourquoi pas, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) comme passerelle entre deux monde curieux l’un de l’autre, « au nom de la promotion en général de l’édition en langue française », espère Simon de Jocas.