Banque de développement

Côte d’Ivoire, Togo, Mali… Ce que la BIDC va faire concrètement des 50 milliards de F CFA mobilisés

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Unité de transformation du Cacao dans l’usine de Choco Ivoire à San Pedro, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire. Mars 2016.

Unité de transformation du Cacao dans l'usine de Choco Ivoire à San Pedro, dans le sud-ouest de la Côte d'Ivoire. Mars 2016. © Jacques Torregano pour JA

Jeune Afrique décrypte le nouveau programme d’investissements de la banque de développement ouest-africaine.

La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), bras financier de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) est retournée le 10 mai sur le marché financier de l’UEMOA. Pour sa quatrième incursion sur la place financière sous-régionale (après 2014, 2017 et 2019), l’institution dirigée depuis février par le Ghanéen George Agyekum Nana Donkor mobilise 50 milliards de CFA, à 6,5% pour une maturité de sept ans dont deux ans de différé sur le remboursement du capital.

Les fonds mobilisés permettront à la banque de financer des projets dans sept pays de l’UEMOA à hauteur de 22 milliards de F CFA pour des initiatives menées par le secteur privé et de 34 milliards de F CFA par les États de l’Union.

Dix-neuf projets déjà identifiés

Parmi ces initiatives, on recense des projets dans l’agroalimentaire : la construction et l’exploitation d’une minoterie à Cotonou (1 milliard de F CFA), celle d’une usine de transformation de cacao (pâte, beurre, tourteaux et poudre de cacao) en Côte d’Ivoire (2,4 milliards), l’accompagnement du projet d’appui au développement agricole au Togo (1 milliard).

D’autres projets concernent les infrastructures : la réhabilitation des aménagements hydroélectriques de Selingue et de Sotuba au Mali (1,3 milliard), la construction de 5 000 pompes solaires et kits de stockages pour les zones rurales en Côte d’Ivoire (7,2 milliards) ainsi que l’acquisition, toujours dans ce pays, de deux aéronefs (8,5 milliards). De même, 3,4 milliards de F CFA seront alloués à la construction d’un pont de liaison entre la gare TER de Dakar et l’Aéroport international Blaise-Diagne, près de la capitale sénégalaise.

« Le financement de ces projets contribuera non seulement à la reprise de l’économie mais également à la création d’emploi, au renforcement de la sécurité alimentaire, à la lutte contre la pauvreté et au soutien des PME à travers des institutions financières », explique la BIDC.

Pour cette nouvelle excursion sur la marché régional, la banque de développement a choisi un trio d’institutions financières : Impaxis, arrangeur principal et chef de file, Coris Bourse, co-arrangeur et co-chef de file et EDC Investment Corporation (EIC, membre du groupe Ecobank) également co-chef de file pour mobiliser ces fonds. Ils interviennent dans un programme d’emprunts obligataires de 240 milliards de F CFA sur la période 2021-22.

Un portefeuille de 124 prêts en cours

La BIDC détenait à la fin l’année 2020 un portefeuille de crédits de 124 dossiers de prêts (118 en 2019), pour un cumul de financements approuvés et éligibles aux décaissements de 890 milliards F CFA (+6,9% sur un an).

Le Bénin (15,6%), le Mali (13,6%) et la Côte d’Ivoire (13,3%) sont les premiers bénéficiaires du portefeuille de financements de la BIDC. Le secteur public représente 69,3% des engagements contre 30,7% pour le secteur privé.

En 2020, la Banque a enregistré un produit net bancaire de 13,63 milliards de F CFA (-16,7%), pour un bénéfice de 2,16 milliards de F CFA (-33,5%).

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