Politique

[Chronique] George Weah Junior condamné pour ses soirées démesurées

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Mis à jour le 11 mai 2021 à 15h43

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

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Dans la ville française de Versailles, le fils du président libérien a été condamné à six mois de prison avec sursis. Sa faute : avoir organisé des fêtes trop bruyantes pour son voisinage de Saint-Germain-en-Laye.

Célébrité et entorse à la loi : c’est le cocktail indigeste qui vaut à George Weah Junior une condamnation à une peine de prison avec sursis. Ses frasques festives dans l’Hexagone sont d’autant moins pardonnables que la France des gestes barrières est en mal de bamboches et que l’opinion absout censément moins l’enfant gâté d’un dignitaire étranger, quand bien même ce dernier fut adulé comme Ballon d’or.

Certes, le délit du fils du président libérien n’a guère à voir avec les incommensurables « biens mal acquis » parisiens d’un Teodorín Obiang, ni avec les réseaux de call-girls provençaux d’un Hannibal Khadafi.

« Outrage et rébellion »

C’est pour des soirées aussi intempestives que bruyantes, à son domicile de la banlieue ouest de Paris, avant et après le début de la pandémie de Covid-19, que George Weah Junior a été interpellé, en février dernier, pour « outrage et rébellion » face à la police venue établir des procès-verbaux pour non-respect des mesures sanitaires.

Des soirées de boîtes de nuit « à la Ibiza » récurrentes et tonitruantes pendant deux ans

L’affaire de voisinage a été jugée au tribunal de Versailles. Ludovic Tardivel, avocat de l’un des couples de voisins du « fils de », dans la commune huppée de Saint-Germain-en-Laye, assure qu’il s’agissait moins de « petites fêtes entre amis » tolérables que de soirées de boîtes de nuit « à la Ibiza » récurrentes et tonitruantes, et ceci pendant deux ans.

Lors de ces festivités, il aurait été impossible à ses clients « de dormir paisiblement » et de « travailler tranquillement chez soi », ce qui aurait eu un « impact important sur la santé » des plaignants.

Dans une interview au journal Le Parisien, puis lors du procès, le bruyant maître de cérémonie de 33 ans présentera des excuses et évoquera d’autoproclamées circonstances atténuantes : le manque d’intention de nuire et la situation de couvre-feu « très compliquée à vivre ».

Plus de 20 000 euros à verser aux victimes

En dépit d’un passeport diplomatique brandi avec morgue, le tribunal de Versailles vient de condamner George Weah Junior à six mois de prison avec sursis – peine deux fois plus lourde que les réquisitions du parquet –, mais aussi au versement total de plus de 20 000 euros aux victimes, au titre des dommages et intérêts et du remboursement des frais de justice.

Mon père est très énervé et très fâché

Sans doute le condamné restreindra-t-il quelque temps ses émissions de décibels pour éviter que les voisins grognons ne soient remplacés par des compagnons de cellule ; peut-être aussi par peur de la chicotte d’un daron africain qui fut, lui, élevé à la dure dans un bidonville.

Un paternel resté plutôt mutique, publiquement, sur cette condamnation, mais qui n’en penserait pas moins : « Mon père est très énervé et très fâché », avait précisé le condamné dans une interview…

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