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Youssef Chraïbi

PDG d’Outsourcia

Par - Propos recueillis par Yasmina Lahlou
Mis à jour le 12 avril 2005 à 01:00

Jeune Afrique/L’intelligent : Quelles sont les origines de votre entreprise ?
Youssef Chraïbi : Outsourcia est une société franco-marocaine créée en 2003. Nous avons fait l’acquisition d’un nouveau centre, doté d’infrastructures, et nous avons encore renforcé notre équipe de pilotage. Actuellement, nous avons une centaine de téléconseillers et une capacité de production de 150 positions. Sur notre premier exercice, nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros.
J.A.I. : Votre stratégie ?
Y.C. : Nous avons d’abord développé une expertise dans les technologies de l’information et les télécommunications. Dès le départ, il nous fallait des références de premier rang pour garantir un volume d’affaires récurrent et une image de prestataire haut de gamme. Nous réalisons des missions « B to B » pour IBM, Symantec, Citrix et Google, notamment. Mais nos clients viennent aussi de l’industrie (BASF, Johnson & Johnson) et de la vente aux particuliers, que nous développons beaucoup actuellement. Notre positionnement n’est pas axé sur le prix, mais sur la valeur ajoutée de nos consultants et la complexité des prestations que nous gérons.
J.A.I. : Comment gérez-vous votre développement ?
Y.C. : Nous privilégions les opérations à forte valeur ajoutée, plutôt que de nous lancer dans une course effrenée vers un nombre plus important de postes de travail. Notre équipe basée en France accompagne nos clients durant toutes les phases de leur projet. Nous pouvons ainsi garantir un fort degré d’intégration technique. Nous travaillons donc sur des opérations de longue durée plutôt que sur des campagnes ponctuelles. D’ailleurs, nous préférons le terme de « téléconsultant » à celui de téléconseiller. Nous avons également développé des pôles d’expertise par secteur d’activité (technologies de l’information, industrie, vente à distance, etc.). Ainsi, 20 téléconsultants travaillent exclusivement pour M6 boutique.
J.A.I. : Comment envisagez-vous l’évolution du marché des centres d’appels ?
Y.C. : Nous sommes sur un créneau porteur, loin de la saturation. L’offshore représente entre 5 % et 10 % du marché français des centres de contact, ce qui laisse présager un fort potentiel de développement. Bien qu’il n’ait pas encore atteint son stade de maturité, le secteur connaît une professionnalisation très rapide au Maroc, et les acteurs les plus sérieux semblent se démarquer. Vertu de la concurrence, de nouveaux venus font leur apparition. Mais la croissance du marché devrait continuer à profiter aux out-sourceurs ayant une expérience et des références qui rassurent les donneurs d’ordre.