Politique

Centrafrique : Simplice Mathieu Sarandji, un fidèle de Touadéra au perchoir

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L’ancien Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji a été élu à la tête de l’Assemblée nationale centrafricaine.

L’ancien Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji a été élu à la tête de l’Assemblée nationale centrafricaine. © DR / primature RCA

Face à Martin Ziguélé, c’est l’ancien Premier ministre qui a pris la tête de l’Assemblée nationale. Très actif lors des dernières campagnes électorales, Simplice Mathieu Sarandji est le véritable bras droit du chef de l’État.

Est-ce une manière de le remercier pour services rendus ? Soutenu par la majorité présidentielle à laquelle il appartient, Simplice Mathieu Sarandji a été élu à la tête de l’Assemblée nationale, devenant ainsi le deuxième personnage de l’État par ordre protocolaire. L’opposant Martin Ziguélé convoitait également le poste, mais Sarandji s’est largement imposé, obtenant 69 voix contre 17.

Facteur apaisant ?

Âgé de 66 ans, le nouveau président de l’Assemblée est un fidèle du président Faustin-Archange Touadéra. En 2016 déjà, il lui avait apporté son soutien pour le second tour de l’élection présidentielle, lors duquel Touadéra avait affronté Anicet-George Dologuélé. Une fois cette séquence refermée, Sarandji avait été nommé Premier ministre, fonction qu’il exercera durant près de trois ans avant de démissionner, en février 2019, après la signature d’un accord de paix entre Bangui et quatorze groupes armés. Il était depuis conseiller spécial du président centrafricain, avec rang de ministre d’État.

Son élection peut-elle contribuer à apaiser la scène politique centrafricaine ? En plus d’avoir été le directeur de campagne de Touadéra, ce géographe de formation est le secrétaire exécutif du Mouvement cœurs unis (MCU), la formation du chef de l’État.

Si les députés lui ont fait assez confiance pour le porter au perchoir, c’est qu’ils savent qu’il est à la hauteur de leurs attentes

À l’annonce de sa défaite, Martin Ziguélé a dénoncé « un accaparement de l’espace politique par le parti au pouvoir ». Une critique qu’écarte Évariste Ngamana, porte-parole du MCU et premier vice-président de l’Assemblée nationale. « Si les députés lui ont fait assez confiance pour le porter au perchoir, c’est qu’ils savent qu’il est à la hauteur de leurs attentes, assure-t-il. Il n’est pas là pour ne représenter que le MCU ; il est là dans l’intérêt du peuple centrafricain. »

Réseaux étendus

« Sarandji a une très grande influence au sein du parti au pouvoir et auprès du président Touadéra, analyse un diplomate en poste à Bangui. Il a su l’utiliser et a réussi à soigner ses relations avec la communauté internationale. Politiquement, il s’est bien préparé. »

De fait, le nouveau président de l’Assemblée nationale dispose de nombreuses connexions au-delà de son parti d’origine. En 2020, il a mis ses réseaux au service de Touadéra pour le faire réélire et a largement contribué à la conclusion d’alliances, y compris avec des formations se revendiquant de l’opposition.

Il est humble, il sait écouter et il est respecté

« C’est un rassembleur, insiste Timoléon Mbaikoua, coordonnateur de la plateforme des partis politiques de la majorité présidentielle. Il est humble, il sait écouter et il est respecté au sein de la classe politique. »

À son poste, Sarandji va contribuer à l’organisation d’un dialogue politique, auquel plusieurs figures de l’opposition ont déjà annoncé qu’elles n’avaient pas l’intention de participer. « Les membres de la plateforme de l’opposition ont effectivement dit qu’ils ne prendraient pas part aux concertations, mais la porte n’est pas pour autant fermée et Sarandji peut être celui qui les ramènera autour de la table », veut croire Timoléon Mbaikoua.

Le nouveau président de l’Assemblée nationale ne compte toutefois pas que des amis, à l’international notamment. En 2018, alors qu’il était encore à la primature, Simplice Mathieu Sarandji s’est illustré par des propos peu diplomatiques, accusant la Minusca (la mission des Nations unies déployée dans le pays) d’être incapable d’aider la Centrafrique – un reproche formulé vertement que les chancelleries n’ont pas oublié.

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