Politique

Violences à Jérusalem : vague d’indignation contre Israël

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 10 mai 2021 à 14h11
L’esplanade des Mosquées est le théâtre d’affrontements entre Palestiniens et policiers israéliens depuis le 7 mai 2021.

L'esplanade des Mosquées est le théâtre d'affrontements entre Palestiniens et policiers israéliens depuis le 7 mai 2021. © AP Photo/Mahmoud Illean

Les heurts entre Palestiniens et la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées de la Ville sainte ont provoqué des réactions d’indignation dans le monde entier. ONU, Union européenne, pays arabes… tous appellent l’État hébreu à faire preuve de « retenue » afin de « mettre un terme à la violence ».

L’escalade n’en finit pas. Après un week-end de violences dans la Ville sainte, de nouveaux affrontements ont éclaté ce lundi 10 mai sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est entre policiers israéliens et des manifestants palestiniens, donnant lieu à plusieurs centaines de blessés.

Tôt le matin, des centaines de Palestiniens ont lancé des projectiles en direction des forces de l’ordre israéliennes positionnées à l’intérieur de l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam.

Une reprise des violences qui coïncide avec « la Journée de Jérusalem », marquant, selon le calendrier hébraïque, la conquête de Jérusalem-Est par l’État hébreu.

Juguler les violences

« Il y a des centaines de blessés dans les heurts », dont une cinquantaine ont dû être hospitalisés, a indiqué le Croissant rouge palestinien dans un bref message aux journalistes. Une information confirmée par l’AFP, dont un journaliste présent sur place a signalé avoir vu des dizaines de blessés évacués de l’esplanade dans des ambulances aux alentours de la Vieille ville de Jérusalem.

Tout a commencé le 7 mai au soir, dernier vendredi du mois de ramadan, plus de 200 personnes — en grande majorité des Palestiniens — ont été blessées dans des heurts sur l’esplanade des Mosquées. Samedi et dimanche, le calme était revenu sur l’esplanade mais les heurts s’étaient déplacé dans d’autres secteurs de Jérusalem-Est, donnant lieu à une centaine de blessés supplémentaires côté palestinien, selon l’antenne locale du Croissant rouge, mais également dans les rangs de la police israélienne, comme l’ont souligné les autorités de l’État hébreu.

Des familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah sont menacées d’expulsion au profit de colons juifs

Dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti que l’État hébreu « continuera d’assurer la liberté de culte, mais n’autorisera pas des émeutes violentes ». « Nous ferons respecter la loi et l’ordre, avec fermeté et responsabilité », a-t-il dit, en défendant le développement des colonies juives à Jérusalem-Est. « Jérusalem est la capitale d’Israël. Alors que chaque nation construit sa capitale, nous avons aussi le droit de construire à Jérusalem. C’est ce que nous avons fait et c’est ce que nous continuerons de faire ».

L’une des causes des tensions des dernières semaines à Jérusalem-Est est le sort de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah qui sont menacées d’expulsion au profit de colons juifs. Une audience clé de la Cour suprême dans cette affaire devait se tenir ce lundi 10 mai, mais a été reportée « à la lumière du contexte actuel », a indiqué la justice.

Appels au calme

Au niveau international, les États-Unis ont appelé « responsables israéliens et palestiniens à agir pour mettre un terme à la violence », et exprimé leur inquiétude quant à « l’expulsion potentielle des familles palestiniennes de Cheikh Jarrah ».

Dans le monde arabe, des réactions critiques d’Israël ont afflué du Soudan, du Maroc, des Émirats arabes unis et de Bahreïn, qui ont annoncé l’année dernière la normalisation de leurs relations avec l’État hébreu. Khartoum a qualifié les mesures prises contre les Palestiniens à Jérusalem de «répression» et d’«action coercitive», selon un communiqué du ministère soudanais des Affaires étrangères samedi soir. Il a exhorté le gouvernement israélien à «s’abstenir de prendre des mesures unilatérales diminuant les chances d’une reprise des négociations de paix».

Dans le monde arabe, des réactions critiques d’Israël ont afflué du Soudan, du Maroc, des Émirats arabes unis et de Bahreïn

Les Émirats et Bahreïn ont eux condamné la descente des forces de sécurité israéliennes vendredi dans la mosquée Al-Aqsa, et la répression à l’encontre de fidèles qui cherchaient à en sortir. Et Abou Dhabi a appelé les autorités israéliennes à «assurer la responsabilité d’une désescalade» de la violence autour de l’esplanade des Mosquées, le troisième lieu saint de l’islam et le site le plus sacré des juifs. Manama a de son côté exhorté le gouvernement israélien à «arrêter ces provocations contre les habitants de Jérusalem».

Le Maroc a par ailleurs dit dimanche suivre avec une «profonde inquiétude» les violences, ajoutant que le roi Mohammed VI «considère ces violations comme inadmissibles et alimentant les tensions». L’annexion et l’occupation de Jérusalem-Est depuis 1967 sont contraires au droit international, tout comme l’occupation de la Cisjordanie.

En Jordanie, en paix avec Israël depuis 1994, des centaines de personnes ont manifesté ce dimanche (9 mai) pour réclamer la fermeture de l’ambassade d’Israël à à Amman et l’expulsion de son ambassadeur.

Le Secrétariat général de la Ligue des États arabes a annoncé la tenue d’une session d’urgence du Conseil de la Ligue des États arabes réunissant les ministres des Affaires étrangères mardi 11 mai, à la demande de l’Etat de Palestine, au regard de l’évolution de la situation à Jérusalem.

De son côté, l’ONU, par le biais de son secrétaire général Antonio Guterres, a exprimé sa « profonde préoccupation » et exhorté Israël à un « maximum de retenue ».

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