Culture

[Série] Le henné, une plante aux mille vertus (2/4)

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Mis à jour le 28 juillet 2021 à 11:33

Les premières traces de henné remonteraient au temps des pharaons.

« Teintures naturelles » (2/4) – Au Maghreb, cette plante réduite en poudre a toujours été indispensable aux rituels de beauté. Aujourd’hui, elle fait le bonheur des amatrices de recettes naturelles partout dans le monde.

Les premières traces de henné remonteraient au temps des pharaons. En Égypte ancienne, cette préparation réalisée à partir des feuilles de l’arbuste lawsonia inermis – son nom scientifique – broyées et mélangées à de l’eau, était par exemple utilisée pour colorer les ongles des pieds et des mains dans le but de réguler la température du corps. Comme de nombreuses plantes, ses vertus sont médicinales. Mais son usage reste indissociable des rituels de beauté.

« Les mythes qui entourent le henné sont nombreux et plusieurs civilisations ont essayé de se l’approprier, glisse Imane Boutaleb, gérante de l’institut de soins Manzah L’Fassia, à Casablanca. Il s’agit de l’un des plus anciens produits cosmétiques au monde, même si cette plante est devenue très célèbre en Inde il y a presque cinq cents ans, avant d’être introduite au Maroc », complète la native de Fès.

Protéger du mauvais sort

Principalement utilisé comme teinture naturelle, le henné recouvre les mains et le visage des femmes berbères depuis toujours, avant même l’apparition de l’islam. Selon certaines croyances, ces dessins en forme d’arabesques protégeraient du mauvais sort ou permettraient d’indiquer le statut social, notamment celui d’épouse. Aujourd’hui, les mariées habillent également leur peau de tatouages éphémères ornementaux, considérés comme des symboles de beauté.

Cérémonies de naissance

« L’usage du henné est intrinsèquement lié aux célébrations. Au Maroc, on remarquera que certains enfants ont également les mains orangées pendant les cérémonies de naissance ou encore lors des rituels de circoncision, illustre Imane Boutaleb. Pendant ces fêtes, le henné porte une symbolique très forte car il marque un moment important dans la vie d’une personne. »

Reconnue pour ses propriétés protectrices et assainissantes, la poudre est surtout utilisée comme masque capillaire

Offrant des nuances de teintes orangées, marron, brunes et acajou, la poudre naturellement verte de henné sert aussi de colorant naturel et végétal pour teindre les cheveux. Ajoutée à d’autres extraits de plantes comme la camomille ou l’hibiscus, cette teinture végétale offre des reflets subtils et une pigmentation plus ou moins intense variant en fonction du temps de pose. Également reconnue pour ses propriétés protectrices et assainissantes pour le cuir chevelu et les longueurs, la poudre est surtout utilisée comme masque capillaire et fait office de soin.

À l’heure de la tendance DIY (Do It Yourself : « fais-le toi-même »), le henné n’a jamais eu autant le vent en poupe. Distribué partout dans le monde, des boutiques bio aux échoppes exotiques, il permet aux adeptes des recettes naturelles et végétales de concocter des rituels de beauté sains et à la portée de tous.

De préférence dans sa formule la plus pure

Mais la spécialiste avertit : « Pour être certain d’utiliser la meilleure préparation, naturelle et sans conséquences pour la peau, il faudra toujours se tourner vers le henné en poudre : la formule la plus pure, sans additifs. Les versions commercialisées en pâte ou en crème contiennent en général des ingrédients chimiques. » Un risque de contracter des allergies ou de voir apparaître des réactions cutanées néfastes pour la santé. « Je conseille également d’opter pour le henné en feuilles – sans pesticides ou issu d’une agriculture régulée ou biologique – que l’on peut broyer soi-même pour garantir la pureté du produit. »


La recette d’Imane Boutaleb

Pour le masque : dans un bol, versez deux cuillères à soupe de henné en poudre, une cuillère à soupe de poudre de rose séchée, quelques feuilles de basilic et de romarin mixées, une cuillère à soupe de poudre de lavande, de poudre de camomille et d’herbe de jacinthe. Mélangez jusqu’à l’obtention d’une pâte. Puis ajoutez une à deux cuillères de ghassoul (argile verte pour les cheveux gras et argile blanche ou rouge pour les cheveux secs), et quelques gouttes d’huile de sésame.

Pour la coloration : ajoutez une demi-cuillère de karkadé (hibiscus en poudre) et d’akkar fassi (mélange de poudre de coquelicot et d’écorces de grenade) afin d’obtenir des reflets roux ou acajou. Laissez reposer entre 2 et 4 heures. Rincez.